dimanche 29 septembre 2013

Explication de textes : Erreur et Enfant


Bonjour à tous les visiteurs !
Nous poursuivons les explications autour des textes du recueil. Comme au précédent article, j'avais pris le temps de décortiquer la partie Sphères lyriques, je m'attaque dès à présent aux Astres fictionnels. Un morceau de cette partie est déjà expliquée dans l'article de "Blanche obscure". Seulement, je vais cette fois commencer par le début avec deux textes qui fonctionnent de concert.

Sachez aussi que, pour les deux textes, ces musiques m'ont accompagné : Metropolis Part 1, Take the Time et Learning to live, du groupe Dream Theater sur l'album Images and Words.

"Erreur" et "Enfant" sont des textes anciens par rapport au reste du livre. En effet, le premier a été écrit en janvier-février 2010 et le seconde a été commencé en février-mars 2010. Ils étaient prévus pour le projet initial des Contes urbains, à savoir nourrir un recueil uniquement composé de fictions. J'avais envisagé de mettre ensuite "Erreur" dans mon premier recueil, mais je ne le trouvais pas assez achevé. D'autant que, dès le début, j'avais ébauché le fait que le texte Enfant lui serait lié. Or, dans le recueil, avec la date qui accompagne le titre du texte, vous lisez : "terminé en octobre 2012".

Si "Erreur" ne m'a pas posé problème, je me suis véritablement heurté à un mur lors de l'écriture d' "Enfant". Je m'étais arrêté à : "Il voit l'homme de tout à l'heure courir à toutes jambes dans sa direction, et un autre derrière le poursuivant." Alors je ne voyais pas comment poursuivre. Le léger twist que je ne dévoile pas ici mais qui se trouve expliqué dans "Enfant", c'était prévu. Car le coup de feu est le point commun entre les deux textes, et je voulais jouer de cet effet. Toutefois, ce qui vient après la phrase citée, ça m'est venu d'un coup, après l'écriture du texte "Christian" sur lequel on reviendra plus tard.

Prenons maintenant les choses dans l'ordre. "Erreur" m'a été inspiré par rapport à un texte présent dans le premier recueil. Ce texte avait été écrit en 2009 pour un jeu d'écriture. Il consistait en un monologue du personnage qui expliquait avec noirceur comment il avait tout perdu. J'avais décidé, en 2010, de réutiliser ce personnage après sa disgrâce. 

Dès le premier paragraphe, il y a un contraste entre le paysage immaculé et l'atmosphère autour de Pascal. L'hiver peut contenir cette promesse que déploie l'aube enneigée comme il peut lacérer les êtres par le froid. Aussi, ce texte est très fortement inspiré des thrillers romans ou télévisuels. J'ai voulu faire un style brut. Et pour faire ressortir ceci, j'ai insisté sur la rage de Pascal. Il a tout perdu une première fois, et le schéma se répète.
Il se trouve trahi par son colocataire qu'il pensait être un apprenti. Cette situation ne vient pas d'un fait divers, comme l'on pourrait s'y attendre : il est fréquent de trouver que certaines situations qui lancent un thriller se basent sur quelque chose de terrible arrivé réellement. Ce n'est pas le cas ici. Ma volonté était de monter moi-même les personnages et les situations. Ainsi, je garde le contrôle sur Pascal.

Une fois qu'il sort de son appartement, les souvenirs sont convoqués, les pièces s'emboitent. En fait, autant qu'il comprend enfin comment chaque élément est lié, nous découvrons les événements. Il y a une cohérence : il n'y aurait aucun intérêt à raviver les souvenirs de façon interne s'il n'y avait pas cet enjeu. D'ailleurs, faire le choix, à ce moment là, de comprendre la narration par Pascal, et non par le narrateur omniscient et extérieur, relance l'intensité. Le but était de pénétrer dans la colère profonde de Pascal.

Aussi, je ne prends le parti d'aucun personnage. De fait, dans les remémorations des dialogues, le narrateur s'efface, nous n'avons que le discours. Nous avons quelque chose de théâtral. Le but n'est pas d'attendrir ou de jouer sur l'émotion, mais de donner du relief à l'action.
Lors de la confrontation, tout est flou, les phrases jouent sur la confusion. "L'homme s'échoue mollement", mais lequel ?


"Enfant" est parti d'une autre optique. Je trouvais simplement que je n'avais jamais mis l'enfant en avant. J'ai commencé par cette famille, avec ce fils, Rémi, qui intériorise beaucoup de choses. Cela renforce le contraste mis en place dans le texte précédent : l'aube est éclatante, l'enfant se sent bien. Par conséquent, si l'opposition ne se joue pas à ce moment de la journée, cela prépare le terrain : cette journée ne sera pas immaculée.
Mon but était aussi de dépeindre cette ambiance particulière, parce qu'elle me plaît.

Le lien avec le précédent texte n'est pas flagrant et c'était souhaité. Je voulais que le nœud n'apparaisse pas tout de suite. On se concentre d'abord sur ces nouveaux personnages. On voit que l'enfant est autonome, les parents prennent alors la décision de le laisser entrer seul. Lorsque j'ai écrit cette partie, en 2010, je ne savais pas en quoi ce serait utile d'un point de vue narratif. Finalement, ça prendra sens après.
Ils partent, ils entendent un coup de feu - celui à la fin du texte précédent. Le père s'avance dans la ruelle, enfin nous comprenons que Pascal n'a pas été touché. Un deuxième coup de feu. Et l'homme qui s'échouait mollement, c'est le père de Rémi.

Dès ce moment, on se focalise à nouveau sur les personnages d' "Erreur". Encore un relief : l'erreur du texte précédent était d'avoir accepté Henri, mais l'erreur est aussi dans la balle perdue. S'ensuit une confrontation musclée.
Le contraste est présent : Rémi sort de l'école et, alors qu'il pensait rentrer seul, il voit sa mère. La journée est passée et s'est déposée cette matière noirâtre sur la neige. La difficulté, pour moi, a été de bien doser les éléments, les réactions. Il fallait que ce soit saisissant, mais que ça ne force pas les traits. Par exemple, le coup du "ne t'inquiète pas", et l'ironie que cela contient, je l'ai souligné en une phrase, mais ne l'ai pas nommé comme tel. 

J'ai désiré aussi montrer comment on ménage ceux que l'on aime. C'est pas forcément original, mais le fait ne pas tout dire de l'accident pour préserver l'enfant est une question difficile. Est-il nécessaire de tout dévoiler ? Ici, non. Une fois que l'enfant est près de son père, il est dans ses pensées.
On bascule auprès des sentiments de la mère. Cela permet de faire le point sur l'action parallèle : comment s'est débrouillé Pascal, que s'est-il passé durant l'après-midi ? Mais, surtout, avoir changé pour les pensées de la mère permet de mettre en avant ce regard sur la ville. 

Je n'aurai pas pu envisager une telle conclusion en 2010. Tout ce qui a été écrit en 2012 m'est venu après une fulgurance. J'avais terminé "Christian" et, par rapport à mes réflexions sur la vie et la mort, j'ai eu ce regard sur la ville et les événements. La conclusion était là, j'avais ensuite cherché à l'atteindre. Peut-être que tous les choix effectués dans les changements de focalisation sur les personnages et le résumé après coup à l’hôpital peuvent apparaître comme des solutions de facilité pour contourner le blocage que j'avais. Seulement, on voit bien que j'ai opéré de sorte à faire quelque chose de cohérent.


Oui, dans l'écriture, on se heurte à des difficultés. On peut envisager de faire un texte double sans pour autant parvenir au bout du projet. Le deuxième texte a été écrit deux ans après le départ de la rédaction du premier élément ! De toute façon, même si l'on a un objectif, le chemin parcouru pour l'atteindre n'est jamais fixé. Mon écriture suit cette logique : j'écris comme ça me vient. Une scène ou une idée m'inspirent, puis je la manipule pour que cela aille ensemble. Cela part de hasards, puis on contrôle. Attention cependant, lorsque je dis "j'écris comme ça me vient", il ne faut pas voir là le mythe du poète sous son arbre qui, d'un coup d'un seul, se met à rédiger une odyssée. Il y a effectivement du temps laissé au texte pour se reposer et y revenir plus tard, même des années après. Mais, à côté, j'ai écrit d'autres textes.

jeudi 26 septembre 2013

Explication de textes : Sphères lyriques


Bonjour à vous, internautes lecteurs ! 
Vous le voyez dans le titre, je ne vais pas parler ici d'un texte en particulier, mais de la première partie du recueil téléchargeable ici. Il serait dommage en effet d'isoler certains textes qui n'ont pas besoin de plus d'explications que cela. Plutôt que d'analyser un par un ces éléments, je vous les présente en un article.


Comme précisé dans le recueil, cette partie se concentre sur ce que j'ai pu ressentir durant cette période d'écriture. Cela va du billet d'humeur aux accès de nostalgies. Il fallait donc que le premier texte montre qu'avant tout je n'avais aucune direction, je ne savais pas quoi écrire. "Recherche" définit ce moment dans lequel rien n'est sûr, si bien que même le temps ne semble plus clair, et l'on ne le ressent plus vraiment. C'est en soi ce qui est signalé par la métamorphose de l'horloge : elle évoque ce changement que l'on ne maîtrise pas. Ceci est accompagné de cet astre mécanique. Il correspond en fait à une sorte de lumière que j'avais vue au dessus d'un édifice en acier. Ensuite, l'ensemble de paragraphes sur la Terre est une tentative qui ne mène à rien, si ce n'est que les idées fuient.

La thématique de la transition paralysante est reprise dans le texte suivant, "Bardo". En fait, "bardo" signifie en tibétain "l'état intermédiaire", une transition en somme, et le bouddhisme enseigne, entre autre, que ce sont dans les moments de transitions que l'être se trouve le plus apte à saisir la nature de l'esprit. Pour ma part, dans ce moment est ressentie la vacuité.
A l'origine, ce texte était une note que j'avais ébauchée. Quand j'ai relu le recueil une fois terminé, j'ai saisi qu'il y avait une unité dans cette idée de la transition et de l'émergence de la vie et de la mort. C'est lorsque nous nous arrêtons que nous parvenons à observer et à prendre du recul, à lâcher prise. L'utilisation des quatre éléments au troisième paragraphe signale qu'il faut tout contenir en soi et, face à tout ce que le temps nous impose, se préserver, garder une "stature exaltée". Accepter les éléments comme accepter le monde sera repris dans la chanson Steroïds écrite pour "Death met all", tandis que l'idée d'exaltation inspirera directement le texte "Exaltation".
Surtout, dans ce texte, la contemplation de l'instant de vide dévoile quelques pensées, notamment que tout va et que rien ne demeure. Aussi âpre que soit cette vérité, elle nous purge de toute illusion. Alors, "c'est en ayant conscience de la mort des choses que les choses [nous] sont plus belles". Devant cette vérité, l'être comprend qu'il faut vivre et saisir, tout en ayant conscience de son essence.

Malgré tout, les changements peuvent nous mener vers un passage désagréable. Si bien que, deux mois après "Bardo", j'ai écrit "Vague glaciale". Souvent, je doute, j'ai peur, je ne sais où je vais. Ce sont ces sentiments personnels qui m'amènent à écrire, mais je souhaite quand même à chaque fois étendre cette expérience pour le lecteur. De fait, je décris cette situation dérangeante dans laquelle on avance sans se reconnaître, dans laquelle il manque quelque chose. Toutefois, aussi glacial que soit ce texte, il est porté par un optimisme, par une énergie : "l’œil garde son éclat [...] je survivrai, je le veux !" Même éreinté, il faut garder en tête que, justement, rien ne demeure, tout bouge et change si bien que le sang, s'il est ralenti, ne se fige pas. Car, tant que l'on ressent, au moins l'on est vivant. Et puisque rien n'est encore terminé, tout reste possible.
Cette phrase paraît stupide, un peu "neuneu", mais c'est quand même bon de le rappeler.
J'en profite pour signaler la présence d'une erreur dans la phrase suivante : "le craquèlement des gerçures libèrent le sang". C'est incorrect, c'est plutôt "le craquèlement des gerçures libère". Je corrigerai cela à la prochaine version du recueil.

Au passage, l'expression "saison dans les abysses" dans ce texte est une référence directe au titre du groupe de Thrash Metal Slayer, Seasons in the abyss, parce que, même si ce n'est pas mon morceau favori du groupe, j'aimais bien l'idée contenue dans ces mots. Aussi, c'est un rappel de la présence de la musique, pas forcément de ce groupe-ci en particulier.


Emporté d'émotions en émotions, entre rêve, réalité, hallucinations et souvenirs. Le texte "Automne", je l'ai conçu à peine sorti du lit. Il y avait ce matin de novembre quelque chose de particulier que j'ai voulu conserver en un écrit. Tout disparaît, mais nous aimons préserver en nous quelques marques de notre existence. J'ai voulu suspendre ce moment. 
Plus que cela, j'ai voulu aussi raviver un ensemble d'images que je gardais en mémoire depuis mon enfance. J'ai évoqué ma famille, chose que je n'avais jamais faite et qui était pourtant nécessaire, puisque nous ne sommes pas indépendants, puisque nous sommes issus de personnes et d'instants précédents. C'est pourquoi j'ai lié ici présent, famille et passé : l'émotion ne nait pas seulement d'une fulgurance, mais aussi d'une sensibilité qui a vécu des expériences particulières. Dans la course de nos jours, "tout se reflète, tout se rejoint".

Cette sensibilité est l'objet des deux textes suivants : "Du virtuel à la vie" et "Amours et souvenirs". Tout deux évoquent mon enfance et le lien qu'entretiennent le passé et le présent.
Lors de l'écriture de "Du virtuel à la vie", j'avais notamment à l'esprit le jeu Illusion of Time qui m'a touché par son ambiance musicale et son empreinte mythologique. J'ai vécu un moment particulier durant mon enfance : avec mon frère, nous tentions de battre un boss du jeu, le couple de vampires, pour ceux qui connaissent (et ceux-ci savent que ce boss est difficile). Après un échec cuisant, j'ai en mémoire une promenade que nous avions fait avec notre père. Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours cela à l'esprit aujourd'hui : est-ce l'ambiance de fin d'après-midi de printemps dans les larges espaces, lorsque le ciel est d'un bleu profond tirant vers l'orange à l'horizon ? Pas seulement. Il y avait aussi l'épreuve, la complicité familiale, les musiques.
Quand je parle dans le texte d'explorer le temps et l'espace du jeu, je pense aussi à The Legend of Zelda Ocarina of Time. Toujours avec mon frère, nous étions fascinés par ce jeu à l'univers ouvert en trois dimensions. Nous aimions parcourir ce jeu sans forcément poursuivre l'aventure. Nous tentions des choses trouvées sur internet, ou alors nous errions juste pour le plaisir que ce jeu procurait.
Au-delà du jeu vidéo est aussi question de la transition vers la musique, ou comment l'ambiance d'un jeu, reprise par certains musiciens, peut conduire à une ouverture. D'autant que cette nouvelle voie  m'était accompagnée d'une ouverture au monde : j'ai découvert la musique vers 14 ans, je commençais à me promener, à ressentir. Ceci m'a amener à écrire. Le passé avait conçu une base sur laquelle je prenais appui pour une nouvelle étape de ma vie.

Ce passé, d'ailleurs, avait été ponctué de transports sensibles. "Amours et souvenirs" revient sur trois faits que j'ai vécus, et qui m'ont marqué. Le point commun entre eux : ils regardent l'amour. Il n'y a pas grand chose à expliquer dans ce texte. On note la progression dans la symbolique du garçon rêveur ainsi que dans le rapport au temps nocturne. Cela évoque la constitution d'une certaine vision des choses. Depuis longtemps, j'avais envie d'exploiter ces expériences, d'autant que cela correspond à l'idée que le passé nourrit le présent.


Comme dit précédemment, à mes 14 ans j'ai commencé à parcourir et à découvrir, par le marche ou le vélo. Il est question de ceci dans "Cycle". La particularité de ce texte, c'est que je l'ai fait en deux temps : un premier, qui se concentre sur le vécu de l'instant même du parcours à vélo. C'était aussi un désir de rendre par écrit cette expérience qui me plaisait temps et que je souhaitais exprimer à l'époque où je l'ai vécu, sans succès.


Une photo d'archives prise en 2007 qui illustre bien le lien vélo et promenades
Un jour de mai 2013, alors que je relisais le Livre tibétain de la vie et de la mort, j'ai repensé à ce que je ressentais après la promenade, j'ai donc poursuivi le texte avec cette deuxième partie. Ce plaisir du repos, je l'avais mis au regard des exercices que j'effectue régulièrement depuis quelques années. J'ai alors réfléchi à la formation de l'être, de la pensée ou, plus simplement, à ce motif du lien qui dépasse le temps par le biais des souvenirs et des sens, portés par le vécu réel ou le jeu vidéo.
J'ai voulu poursuivre l'écriture de cette époque et revenir une fois de plus sur mes 16 ans. J'avais écrit à ce moment-là, mais je souhaitais analyser ceci avec plus de recul. J'ai vu alors que l'on marche toujours. Lorsque je dis "Le cycle avait repris, différemment", c'est pour signaler cette étrange sensation de revivre un même évènement, sauf qu'on l'interprète autrement. L'année impose une forme de cycle illusoire : on trouve des constances qui sont en fait l'émergence de souvenirs. Il y a une superposition de l'affect et du présent qui donne le sentiment d'être dans un cycle. Mais ce texte amène à voir autre chose : "on doit préserver le fait que tout avance sans retour".


Pour la raison qu'évoque cette dernière citation, j'ai choisi de placer cet ensemble au début du recueil : il pose une idée qui soutiendra l'intégralité du livre. 
Tout change, "dans une continuité compatissante de vie, de morts".

lundi 23 septembre 2013

Explication de texte : Blanche obscure

Illustration d'A Rebours de Huysmans, par Auguste Leroux
 
Bonjour aux lecteurs et lectrices !

Avant tout, je rappelle que vous pouvez télécharger le recueil ici : http://contes-urbains.blogspot.fr/p/chose-promise-chose-due-voici-le.html

Comme prévu, je fournis ce blog d'articles servant à expliquer certains textes. La priorité est fixée à certains gros morceaux ou à des écrits un peu étranges et différents au sein du recueil. Ainsi, afin de lancer cette dynamique sous les meilleurs auspices, je vais débuter avec un des travaux pour lequel je suis le plus satisfait, aussi un des plus particuliers. Voici l'explication de Blanche obscure (qui, je le rappelle, est interdit aux mineurs pour cause d'érotisme) !


L'idée de ce texte est née après une prise de conscience en regardant, en cours d'anglais de L3, le film Pride and Prejudice (Orgueil et préjugés en français). Je voyais toute cette romance avec distance et, surtout, avec un certain dégoût. Non que le film soit mauvais, mais l'univers dans lequel il se déroule me dérangeait. C'était l'abondance, les faux-semblants. Bien que ces aspects soient dénoncés rien que dans le titre du livre et du film, il n'en demeure pas moins que cette bourgeoisie qui permet à des filles de seulement se préoccuper de leurs amours, ça me file la nausée. Disons que si je n'avais à me soucier que des vilains préjugés dans ma vie, ça m'arrangerait de bien des tracas.
Mais au-delà de cette bourgeoisie qui me débecte, il y a pire : l'aristocratie élitiste. Car, dans le film comme dans le livre original se joue un conflit entre la bourgeoisie et la noblesse - comme quoi il y a toujours quelqu'un au-dessus de soi. Et lorsque nous voyons l'opulence et le caractère insupportable et irritable de ces nobles qui se donnent un genre pour correspondre à "l'image de l'élite", j'en ai eu assez. Et puis ça se permet de parler, de commenter, de critiquer, de vouloir refaire le monde, alors qu'ils n'en ont aucune conscience. Ils sont là à rester dans ce que leur famille a construit avant. Ils s'inventent des choses, se donnent de la prestance. Ils parlent, mais agissent bien peu. Quel ironie !
Je déteste l'hypocrisie et la sophistication ridicule. 


Le point de départ de Blanche obscure, c'est une société d'élite. On entre dans un cercle de personnes qui n'ont aucune préoccupation, si ce n'est d'aller de salles en salles au sein d'un manoir en parfaite autarcie (ou, autrement dit, complètement isolé de tout). J'ai voulu présenter le summum de la noblesse : ils ont tout, rien ne leur manque, ils sont dans la constance, rien ne bouge, les règles demeurent. J'ai conscience d'avoir réduit cette noblesse à quelque chose de bestial. Mais, après tout, par l'importance du sang bleu, il y a cette lutte continuelle de l'élite à vouloir arranger les unions. L'aristocratie est une affaire d'héritages que l'on ne remet que rarement en question.
L'ouverture dans ce texte est plus qu'étrange - et c'était voulu. Nous avons un dialogue en style théâtral : 
- C'est ce que j'étais avant. 
- Tu étais quoi ?
- Du silence.
- Quand ? 
- Avant.
 Dans le jargon, on appelle ça un début in media res : on entre en plein milieu d'une action, ici d'un dialogue. Ce qui déroute, c'est l'absence de nom. Il n'y aucune indication sur l'origine des personnages. En tout cas, ils sont deux. Nous avons celui qui, avant, était du silence, et l'autre qui questionne. Comme, par la suite, la narration reprend par "C'est ce que j'ai répondu, je ne voulais pas parler d'avantage", nous comprenons que le personnage principal qui vit dans la société d'élite était, avant tout, un être de silence.

Cela peut paraître compliqué mais, dès les premiers mots, des enjeux sont posés. Celui qui vient questionner, et qui interrogera sans cesse le membre du cercle d'élite jusqu'à le harceler véritablement, est un intrus. Il a pénétré dans le manoir, il scrute les moindres actions, et les commente. Qui est-il ? Quelqu'un qui est arrivé ici par hasard. Du coup, il peut aussi bien être le lecteur que l'auteur. Ce lecteur qui, d'ailleurs, notera des fautes d'orthographe que le personnage ne peut pas comprendre (même si, en fait, ce sont des jeux de mots salaces).
En fait, avant même que l'on lise ou que l'on écrive, tous les potentiels sont possibles. Avant que je me mette à l'ouvrage, tous les éléments étaient dispersés pour que je puisse créer ce texte. Avec la venue de l'auteur et du lecteur, les êtres de silence de cette société ne sont plus ce qu'ils étaient, leur aristocratie se trouve bouleversée. Et quand vient l'intrus est questionnée toute l'existence que l'on croyait acquise.

L'érotisme dévoilé dans le texte signale l'opulence. Puisqu'ils ont tout, ils peuvent se permettre de se laisser aller dans une sorte d'esthétique dérangeante. Seulement, au-delà d'un débat entre deux êtres différents, il y a un questionnement sur les idées. L'homme du cercle aristocrate a sa vision de la vie, l'intrus en a une autre qui contredit les dogmes des élites. Plus le texte avance, plus ce débat semble absurde et inutile. Pourquoi perdre sa vie à désigner ce que l'on fait naturellement ? 
Les petits malins me répondraient : "Eh toi, pourquoi t'as passé du temps à écrire ça alors ?". Je réagis à cela : en dehors de l'opposition entre les deux protagonistes, il y a une esthétique nouvelle qui se dégage. Alors que l'intrus pointe du doigt les incohérences des habitants du manoir, l'homme issu de ce cercle apprend à voir autre chose. Et s'il était silence avant, s'il n'avait aucune conscience, il s'avère que sa pensée se trouve réveillée par l'arrivée de cet "autre" qui enseigne la tromperie de Blanche et qui signale que, finalement, tout n'est ni blanc ni noir, mais multicolore.
Cette conclusion, loin de donner crédit à l'existentialisme et aux discussions à rallonge, coupe court à tout débat. A quoi bon commenter les philosophes ? Chacun aura son avis sur la question. Comme l'a dit Camus en une phrase que j'aime citer : "C'est vivre qu'il faudrait."


J'en viens à parler du troisième personnage : Blanche. Elle est une figure, une déesse aussi. Mais derrière cela, il n'y a finalement qu'un être humain, une idée, un souhait. Elle semble distante car, depuis trop longtemps, son mode de vie est suivi sans que l'extérieur soit accueilli. Derrière toute spiritualité se trouve des hommes et des femmes, un projet. Initialement, l'intention de Blanche, expliquée dans son monologue conclusif, était louable : ne pas se poser de questions, se laisser porter. Mais, là, nous tombons dans le silence, dans l'éternité. Or, seul les morts sont éternels. D'ailleurs, si l'intrus n'en avait pas parlé, le membre de l'élite n'aurait pas eu conscience du temps. L'entrée de cet intrus ramène l'être perdu dans le manoir à sa réelle essence. Comme le dit si bien Montaigne, pour dénoncer ceux qui se perdent à vouloir se hisser au dessus des autres par le bénéfice de l'esprit : "On n'est jamais mieux assis que sur son cul."
Puisque le temps s'infiltre désormais au sein du cercle, il fallait donc que cette utopie s'effrite et s'écroule, comme toute les utopies, que ce soit celle de Giono dans Que ma joie demeure ou de Huysmans dans A rebours. D'ailleurs, le personnage de Des Esseintes, aristocrate et esthète convaincu d'être infiniment supérieur, m'a aussi inspiré ce texte. J'adore ce personnage, car il réunit en lui tout ce qui me dérange dans l'élitisme exacerbé.


Les idées poétiques n'ont pas plus d'explications que cela, hormis l'objectif d'interroger l'être et le fait de vivre à travers autrui. Les différentes salles me sont venues au fur et à mesure. Comme les personnages, je me laissais aller dans les couloirs, j'imaginais petit à petit. Au départ, je ne savais pas où ça allait me mener. On notera dans la salle aux miroirs la reprise d'éléments de vers du poème "Emportez-moi" de Henry Michaux : l'haleine, la troupe exténuée et le fait d'être emporté au creux des os évoquent ce mouvement étrange emprunté dans le poème. Le songe de l'intrus, qui correspond à la visite que Blanche lui accorde, ne sont en fait que des scènes que je voulais écrire depuis longtemps : le paysage désertique arabe et la caravane des bardes à la place du marché.

Ce passage de salle en salle montre aussi une quête du personnage : il va chercher par tous les moyens à ressentir des choses sans pouvoir revenir à son état initial.
La remise à zéro que le membre du cercle et l'intrus effectuent a été forcée. En fait, j'avais eu une fulgurance pour un monologue de l'intrus, je l'ai écrit un soir, presque automatiquement. Seulement, les idées se sont mélangées entre ce que j'avais déjà écrit et ce que j'allais écrire. Il m'a fallu tout réorganiser au niveau des dialogues. Mais ce nouveau départ se justifie : ce texte est différent des autres, il est dense, singulier, ce "reset" permet également au lecteur de souffler un peu et de clarifier les choses. Aussi, si on a lu le départ selon l'intérieur, on lit ici le départ selon quelqu'un de l'extérieur. Cela permet de fermer la boucle. Et ce n'est pas anodin si, après ce moment, le membre du cercle se trouve dans le "Renversé". Cela signifie que les choses vont se dénouer.
De manière générale, si quelques "scènes" ont été écrites indépendamment, j'ai pris soin de créer une cohérence. Il n'y a pas de hasard après coup. J'ai écrit quelques éléments qui me sont venus soudainement, mais, ensuite, j'ai plié ces éléments selon ce que je voulais en faire. 


Finalement, Blanche obscure apparaît comme une dénonciation. Mais ce n'est qu'un prétexte en fait. Ce qui m'a le plus impliqué, c'est tout ce que ce manoir bizarre pouvait me permettre en possibilités poétiques. La marche qu'effectue le membre du cercle autour de lui-même, par exemple, a été un réel plaisir à écrire. Pouvoir rendre hommage au poème de Michaux, c'était un désir que j'avais en moi depuis mes 16 ans ! Donc, oui, j'y ai étalé mon aversion concernant l'élitisme qui enferme les personnes dans un ensemble de préjugés, qui les coince dans des discussions sans jamais agir, comme Des Esseintes qui, à défaut de pouvoir changer le monde selon ses caprices, s'en détourne pour créer son propre univers. Mais si vraiment mon intention était de ne proposer qu'une critique, j'aurais fait un essai ou un pamphlet. Or, ce qui prime, c'est l'envie d'écrire et de proposer quelque chose que l'on s'imagine, que l'on se figure. En somme, le projet véritable, c'est la poésie dans une prose qui emprunte au théâtre.
Ceci a donc permis de produire une fresque riche en émotions, et qui pose des questions qui nous interroge. Qui suis-je ? Pourquoi je ne me sens pas "moi" ? Ceci est mis en avant dans la scène de la spirale : le personnage marche autour de lui tout en s'éloignant, comme parfois nous ressentons un conflit entre ce que nous pensons être et ce que nous vivons.
Finalement, l'être se trouve dans un réseau. Seul, il n'existe pas - ou tout du moins, on ignore son existence.

samedi 21 septembre 2013

Les "Contes urbains" : explication d'un projet


 Ce n'est pas tout de proposer un livre, encore faut-il en expliquer l'intention de départ et ce qu'il en est réellement.

Alors que j'écrivais des textes dans ma période "De Marche-Ombre à Marche-Ciel", j'ai eu envie de me concentrer sur des nouvelles, avec des personnages vivant dans une ville fictionnelle. Cette ville devait avoir sa place dans l'ensemble, elle devait faire un symbole - je ne savais pas encore lequel. J'ai commencé à écrire une poignée de textes, puis j'ai laissé tomber le projet. Le peu d'écrits terminés que j'avais ont été inclus au premier recueil, les autres, inachevés, ont pris la poussière.

Une fois le point final posé sur mon premier livre, j'ai eu une période de calme. Et, durant cet été 2011, j'ai pu enfin lire le Livre tibétain de la vie et de la mort que j'avais acheté suite à la lecture d'un ouvrage de vulgarisation du bouddhisme, quelque chose comme Les Enseignements du Bouddha. Les messages contenus dans cet ouvrage m'ont inspiré : comme nouvel axe d'émotion, il fallait que je traite de la vie et de la mort de manière plus approfondie.


Les deux travaux ont ainsi fusionné : j'écrivais des textes poétiques, certains lorgnant parfois dans le texte d'idée, toutefois je réfléchissais toujours à des personnages, à de la fiction, parce que cela me plaît. Aussi, comme j'ai envie d'écrire un roman qui reste sous silence, il faut que je m'exerce à un style plus direct, plus narratif.
Seulement, la ville avait désormais une signification : c'était un lieu familier. L'homme est inscrit dans une ville. Il a forcément dans son cœur un sentiment particulier envers un territoire urbain. Non que nous soyons avide de modernité, mais parce que nous vivons de villes en villes, ou bien nous restons dans un endroit. Parfois, nous voyageons, prenons de la distance. Et, fréquemment, même une ville visitée une seule fois nous marque pour toujours - dans la fulgurance naît la beauté. La ville, c'est élément de notre existence.


Cette ville est surtout présente dans la partie des "Astres fictionnels". Car, dans le recueil, se distinguent plusieurs parties :
- les Sphères lyriques : ce sont des textes centrés sur le "je" personnel. Ce sont mes doutes, mes questions, mes souvenirs. Cela brasse mes états d'esprit sur l'ensemble de la période d'écriture du recueil.
- les Astres fictionnels : sont présents ici les textes inachevés du projet original, ainsi que d'autres nouvelles autour de personnages. On y trouve même une pièce de théâtre, c'était un défi pour moi, et j'en suis plus que satisfait.
- la Galaxie poétique :  une partie du livre qui fait la part belle à la prose poétique. Bien que celle-ci soit présente par-ci par-là, on est ici dans une volonté de faire quelque chose d'esthétique. J'aurais tellement voulu être un musicien ou un peintre ! A défaut de présenter de l'art sous cette forme, je compose avec les mots pour désigner, esquisser. 
- la Constellation de la Vie et de la Mort : quel titre lourd et imposant, voire effrayant ! Ne craignez rien, j'ai rassemblé dans cette partie ce qui touche aux idées. Ce ne sont pas des essais ni des textes d'idées bruts, je voulais que ce soit le plus agréable à lire. Nous avons un ensemble de pensées qui sont illustrées, diffusées dans les fictions. D'où l'image de la constellation.
- la Nuée de notes : de nombreux textes sont réunis ici, la plupart sont brefs. Ce sont pour la plupart des écrits inachevés mais qui ont leur place dans l'ensemble du processus. Je ne me voyais pas les ôter du projet.
- le Finale : l'ultime texte. Le "boss final" ? Quand même pas. Je me suis amusé, j'ai tourné ce que j'ai écrit durant ces 2-3 ans, j'ai soulevé d'autres aspects des textes.


Vous me direz :
"Pourquoi cette thématique spatiale dans les intitulés des parties ? On est dans les contes, je n'en vois pas la trace, on est dans l'urbain, d'accord il y a la ville. Mais l'espace, alors là !"

 Eh bien, je vais expliquer cela simplement. Je justifie les "Contes" par l'idée que chaque lecteur peut lire ce recueil comme il le souhaite. On parcourt les contes, on sélectionne selon son désir, son humeur du moment. Je veux que chacun s'approprie le texte, comme le disait Gide pour Paludes. Je ne dirai pas toutefois : "Écrivez vos Contes urbains." Mais plutôt lisez comme vous le sentez. J'ai classé mes textes, mais il y a aussi l'ordre chronologique. Et puis, vous pouvez "ouvrir" à n'importe quel texte, voire commencer par le dernier. C'est un réseau, mais la route à emprunter n'est pas figée.

Concernant le thème spatial, c'est simplement parce que j'adore cette esthétique. La poésie galactique, comme celle de Supervielle dans son poème "La Sphère", est quelque chose qui me fascine. Vous découvrirez par vous-même que l'espace est présent dans le recueil. Aussi, je suis sous le charme de Hawkwind, groupe de Space Rock, un sous-genre du Rock psychédélique des années 70, qui joue sur ce thème. De plus, l'espace contient l'idée d'univers, donc d'universel. Et je souhaite que mon livre soit à destination du plus grand nombre, avec un style qui m'est propre mais néanmoins agréable à lire. 


Voici pour les explications du projet. Cet article est un peu long, mais il me semblait essentiel pour présenter ce travail de façon claire.
Encore une fois, merci à vous, lecteurs et lectrices !

vendredi 20 septembre 2013

Les recueils

Nouveau !

Le recueil est désormais disponible sous une nouvelle forme, intitulée MétronHomme.

 Découvrez aussi mon premier roman Berserker disponible ici !

Chose promise chose due : voici les recueils des Contes urbains !

Si toutefois vous avez des doutes, n'ayez crainte, il n'y a pas d'entourloupes : je suis le propriétaire de ce recueil, et c'est en toute légalité que vous téléchargez ce livre gratuit.

Attention toutefois : les textes du Triptyque (Mort brutale, Le Rire de l'acacia et Goutte) ainsi que "Blanche obscure" et "Sans" ont un contenu pour adulte (érotisme, violence) et sont strictement interdits aux mineurs. Vous voilà prévenus.

Pour télécharger, cliquez-ici pour aller vers le dropbox des Contes urbains. Choisissez parmi ce que vous souhaitez. Il y a trois possibilités qui s'offrent à vous : 
- le fichier PDF : pour lire sur votre ordinateur ou votre tablette (pour peu qu'elle gère ce type de document)

- le fichier MOBI : pour que le livre puisse être lu sur la Kindle (ajouté le 24/12/2013 : Joyeuses fêtes =D)

- le fichier ePub : pour lire sur votre liseuse (j'ai pris soin que la conversion soit la plus idéale possible) ainsi que sur votre PC. Si vous désirez toutefois lire ce fichier-ci sur votre ordinateur, je vous conseille le logiciel Calibre. Il permet d'afficher le fichier ePub dans un format liseuse. A l'écran, vous avez le texte dans un format proche d'un livre, ce qui est plus agréable, comme vous pouvez le constater sur cette image.

Le logiciel est facile à utiliser : vous l'installez, vous ouvrez le logiciel, puis vous glissez le fichier ePub du recueil vers l'espace du milieu (ou bien vous sélectionnez "Ajoutez des livres" puis "Ajoutez des livres à partir d'une répertoire unique" et vous cherchez dans vos dossiers le fichier voulu).

Dans le cas où votre ordinateur ferait des siennes et que vous ne parvenez pas à ouvrir les fichiers pour des raisons de sécurité, ou si vous ne souhaitez pas le télécharger via internet, n'hésitez pas à m'en faire part via un commentaire, par mon adresse mail ou le formulaire de contact. Je me ferai une joie de vous envoyer le recueil. =)

Souvenez-vous du mot d'ordre : donner et partager. Alors n'hésitez pas à diffuser le lien et le livre et à vous abonner à la newsletter !

Bonus : Mon premier recueil De Marche-Ombre à Marche-Ciel est disponible sur le dropbox !

Bienvenue !

Bonjour à tous et à toutes !

Ici commence mon retour auprès des blogs. Un retour discret cependant : ma première aventure blog n'était composée que de textes postés de temps en temps.
Depuis, les choses ont changé. J'ai arrêté de bloger, et je me suis mis à travailler, à écrire d'avantage.

Pour mon retour, il fallait quelque chose de... Grandiose !

Alors, ce que je vous propose, c'est mon second recueil, les Contes urbains.

Alors, dis comme ça, cela semble un peu ridicule. Mais voyons cette arrivée telle qu'elle est.


Les Contes urbains, c'est un fichier ePub ou PDF. Pour l'un, c'est 550 pages, pour l'autre 330. Là, on a une idée de la taille - mais ce n'est pas que la taille qui compte.
C'est un ensemble de textes écrits sur trois ans. C'est un projet qui me tient à cœur. Du coup, pourquoi je le propose ici ? Parce que je ne voulais pas qu'il soit rejeté par les éditeurs. Entre ceux qui refusent catégoriquement les formats différents et ceux qui attendent les entrées d'argent via la pratique du "compte d'auteur", le marché ne me permettait pas d'avancer de façon décente : il aurait fallu que je travestisse mon livre, qu'il devienne un roman dans lequel les textes s'enchaînent de façon artificielle.

J'aurais été contraint de me déguiser, de ne pas être honnête.

Or, l'objectif premier de ce projet, c'est bel et bien la sincérité ! En tant qu'amoureux de la poésie, mon style a souvent été trop teinté de mes inspirations. Ici, j'ai voulu faire quelque chose de plus sobre, de plus sincère justement. Je voulais que mon esthétisme soit plus proche de les tous lecteurs, sans pour autant étouffer le contenu. Il y a donc deux visées : partager et proposer.


Du coup, au diable les éditeurs ! C'est donner que je veux ! Je veux qu'il soit proposé aux internautes un livre gratuit et complet, dans une forme optimale ! Je veux que chacun de vous puisse passer par ce blog, télécharger le livre, y jeter un coup d’œil, voire le lire en entier si vous le souhaitez. Car c'est souvent dans la fulgurance, dans le hasard, que l'on trouve quelque chose de tout à fait unique et beau. En tout cas, c'est dans des instants soudains que j'ai eu la plupart de mes inspirations. C'est dans la simplicité dévoilée. Dans le partage !

Ce blog, c'est donner. Je vous donne mon travail. C'est gratuit ! Combien de fois on se dit "mais il est chouette ce livre, je l'achèterai le mois prochain" pour finalement ne pas le prendre ? Pas de ça ici.

Mais, ce blog, ce n'est pas seulement l'accès aux Contes urbains. Il me permettra aussi de proposer un à-côté au livre. Vous y trouverez des articles autour des textes, de leur origine, du travail fourni ainsi que quelques explications par rapport à certains aspects qui pourraient résister à la lecture. En somme, je vous partagerai mon expérience.

N'hésitez à me contacter si vous avez des questions (téléchargement qui ne marche pas, impossibilité d'ouvrir les fichiers...), j'y répondrai le plus vite possible. Le formulaire de contact ne me semble pas très fiable, envoyez un mail à cyril.mikolajczak@gmail.com ou bien postez un commentaire.

Vous l'aurez compris, le mot d'ordre dans tout cela, c'est donner et partager, en toute sincérité.

Bonne lecture à tous et à toutes, et bienvenue !
Photo de couverture du recueil

 PS: Un grand merci à Kerlhau pour le soutien et l'aide apportée à la création du blog !