mardi 22 avril 2014

Présentation de groupe : Death

Le logo du groupe pris ici : http://www.metal-archives.com/bands/Death/141
  
Mise à jour
Si vous voulez vous faire une idée du groupe, voyez ce live-ci : il montre bien le professionnalisme du groupe par son attitude propre.

Bonjour à tous !

J'entretiens une relation particulière avec la musique : ça me suit jour après jour, ça m'accompagne tout le temps et, sans cesse, j'ai des mélodies qui se jouent, des solos qui se balancent. Toutefois, je suis incapable d'apprendre à jouer d'un instrument, et ceci est une grande frustration avec laquelle j'ai transigé. 
Du coup je m'inspire beaucoup de ce que les musiques m'inspirent et m'apportent comme émotion afin de composer quelque chose avec ce flot. J'apprécie ainsi tous les styles musicaux selon si j'y trouve quelque chose qui me plaît. Et ce qui me plaît est souvent plus instrumental. Les paroles, à la limite, je m'en moque. Ce qu'il me faut, c'est un style, une écriture musicale.

On en trouve dans tous les genres, car chacun propose son lot d'émotions : du Hip-Hop à la Organized Konfusion ou Nujabes n'apporte pas la même chose que du Blues Rock de Cactus, ou du Rock à la FaceBooB. Parmi tout les groupes et artistes que j'apprécie, il y a des grands noms qui me donnent des frissons. L'un d'eux est un pilier de la musique contemporaine, une pierre angulaire du Metal : Death.

La technique :

Death a deux phases techniques : celle du premier album Scream Bloody Gore, et ce qui suit. Pourquoi je scinde en deux moments ? Simplement que si l'on écoute cet album initial, on entend clairement les inspirations Thrash Metal du milieu des années 80 : une rythmique qui bourre le crâne avec des temps bien marqués, de la double pédale qui tabasse, de la basse qui charcute, une guitare rythmique qui lance des mélodies entêtantes propices à des séquences Headbang, une guitare soliste qui va vers des sommets d'intensité par les solos. On a du lourd qui rappelle les performances de Possessed, et on est dans quelque chose d'assez unilatéral. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'y a pas de demie mesure, et le titre de l'album le montre bien : Scream Bloody Gore. Violence et poigne : du Thrash !
Passé cet album, Death prend une nouvelle direction que je considèrerais comme salvatrice : non que le premier album soit mauvais - loin de là - il est finalement très proche des autres productions Thrash de cette époque. Il fallait que ce groupe, qui n'a pas connu de succès immédiat, tire son épingle du jeu. Avec Leprosy en 1988, c'est chose faite : Death impose un style.

 
Image tirée de ce site : http://metalrecusants.com/2012/05/26/the-big-four-of-us-death-metal/

Niveau technique, il est souvent dit que Death est le fondateur du Death Metal. Mais des personnes affirment : "C'est l'un des fondateurs". Oui, Possessed a aussi produit un EP "Death Metal", et j'ai déjà dit que Scream Bloody Gore était assez proche des deux seuls albums de Possessed. Avec d'autres groupes, ils ont donné au Thrash une impulsion nouvelle, un coup de boost dans la grogne. Mais Death propose quelque chose de véritablement neuf et inimitable avec Leprosy : un Death Metal technique parfois progressif.
En somme, il n'y a pas qu'une seule ligne rythmique : il y a des alternances de tempos et de rythmes, plusieurs mélodies. La construction musicale se densifie et devient plus jouissive comme dans Pull the Plug, Open Casket, Born Dead ou le titre éponyme Leprosy. C'est le type même de technique qui me fait dire : "C'est FAT !". Lourd et massif, ça envoie ! Les alternances entre passages très vifs et moment plus lents permettent de saisir l'attention, on est emporté dans cette technique propre au groupe et qui sera comme sa signature.

Ce style se retrouve par la suite : Spiritual Healing, avec des morceaux comme Living Monstrosity, Altering the Future ou Killing Spree. Human, avec Flattening of Emotions, Lack of Comprehension, Together as one et la perfection instrumentale Cosmic Sea qui est l'un des morceaux de Death Metal technique qui a inspiré cette mouvance de prendre la technique de ce genre pour proposer une émotion particulière (ce qui sera utilisé par Cynic, Exivious ou Atheist). Les deux albums suivants, Individual Thought Patterns et Symbolic vont plus loin dans ce que le style Death peut proposer, avec des alternances Death Metal et moments plus calmes et une technique prononcée.
Avec ses compositions, Death survit aux années 90 avec une technique que Chuck Schuldiner maîtrise - à tel point qu'il n'hésite pas à changer le line-up à chaque album. Il sait s'entourer des plus grands (pour ne citer que le bassiste Di Giorgio) pour arriver à ce qu'il souhaite.
Enfin, The Sound of Perseverance, dernier album du groupe, est particulier : hargneux, il signale l'arrivée du projet dans ses derniers retranchements. La voix de Chuck est extrêmement particulière, leur reprise du Painkiller de Judas Priest illustre l'aspect unique de cet album que j'ai eu du mal à apprécier à sa juste valeur durant la première écoute. Les tonalités sont plus massives, plus sombres, mais des morceaux tels que Spirit Crusher, Flesh and the power it holds ou To forgive is to suffer nous rappellent que la patte de Death est là !


L’œuvre :

L’œuvre de Death a une place particulière dans mon parcours musical : au départ, je n'avais pas du tout apprécié ce groupe ! Je l'avais découvert via leur ultime disque The Sound of Perseverance, et cette voix m'avait laissé de marbre. Après un détour auprès de groupes de Death Metal tels que Decrepit Birth, Odious Mortem, Nile et Possessed, ou de Melodic Death comme Falchion, je me suis laissé tenter par le chant guttural, et je me suis dit qu'il fallait donner une nouvelle chance à Death.
Chaque album a une identité : si Scream Bloody Gore est clairement dans une veine Thrash, il propose tout de même une approche différente de ce style, et sera le point de départ de bon nombres de groupes qui feront ensuite du Thrash fortement marqué de Death Metal (pour ne citer que Pestilence !). Mais, à partir de Leprosy, on arrive à un aspect du projet qui a une forte résonance dans mon esprit : le Metal n'est pas là pour être dans la violence gratuite.
Chuck Schuldiner est un homme qui a toujours combattu les clichés du Metal. Ouvert d'esprit et tolérant, il ne supportait pas la fermeture que s'imposait le Metal. Dans les années 80, être metalhead, c'est être un Thrasher, être violent, anti-système, envoyer tout chier, ne pas aimer les chatons, se murger la gueule pour "mourir avec une bière dans la main" (comme le parodie parfaitement le groupe Tankard, qui s'amuse avec les clichés du Thrash, avec "Die with a beer in your hand"). Schuldiner, lui, posait en débardeur avec des chats ou des chiots dans les bras : ses biceps enlaçaient des bébé animaux. Il affirmait qu'être fan de Metal n'était pas dans l'apparence, dans ce qu'on dégageait. Aimer le Metal, cela suffit.

Photo issue d'un commentaire sur la fan-page de Death
Cette photo-ci est liée à un message d'un membre du groupe sur lequel on peut lire : "Chuck proved that it was possible to wear a shirt with kitties on it whilst listening to LUSH and still have more 'metal' in your pinky finger than entire countries of people."
Chuck a prouvé qu'il était possible de porter un t-shirt avec des chatons et d'écouter du Lush en ayant bien plus de "Metal" dans le petit doigt que dans le reste du monde.
Chuck avait des goûts éclectiques puisqu'il appréciait beaucoup ce groupe de rock britannique. Il avait aussi une forte préférence pour le groupe de Heavy Metal français Sortilège !
En gros, pour Schuldiner, le Metal est en soi, mais pas dans la façade.

Cette pensée parcourt l'oeuvre de Death : chaque album à partir de Leprosy comporte des paroles qui ne vont pas dans la haine et le culte démoniaque ou la destruction gratuite (thèmes choisis pour faire vendre bien plus que par une idéologie précise), mais s'inscrivent dans des thématiques. Together as one ou Living Monstrosity évoquent des personnes mutilées et raillées : l'un est siamois, l'autre a subi la prise de drogue de sa mère durant la gestation. Du coup, l'aspect virulent du Death Metal illustre quelque chose d'assez dérangeant et étrange. Mais le traitement par les paroles et les envolées que permettent les alternances de tempos et de mélodies signalent une tendresse et cherchent à interpeler : "certains disent que la monstruosité est une putain stupide, mais c'est sans savoir qu'elle était accroc à la drogue avant même de naître", si l'on résume et traduit quelques paroles de Living Monstrosity.
Le chant de Chuck Schuldiner appuie le propos. Et si les paroles ne sont pas ma priorité, ici elles ont un sens : autant la voix en tant qu'instrument s'allie parfaitement au style de Death, mais les paroles suivent l'esprit du leader du groupe. Le Metal de Death n'est pas là pour se faire du fric ni pour surfer sur les thèmes qui font vendre. Il est là pour faire de la musique avec les codes du Metal grâce à des compositions travaillées et pêchues. Chaque album a quelque chose à partager, chaque morceau après Scream Bloody Gore apporte, à mon sens, un petit quelque chose en plus.

Death est l'exemple même du groupe de Metal qui contredit tout ce que l'on peut critiquer de ce genre. Les clichés sont légion :
- c'est un ensemble d'abrutis qui braillent
- ils sont satanistes
- ils n'aiment rien à part la haine
- il n'y a aucune base musicale et technique
- les paroles sont vides et ne sont que des prétextes
- ceux qui écoutent ça sont aussi stupides qu'eux

Et j'en passe.
Death est au delà de tout ça : sous la coupe de Chuck Schuldiner, ce groupe a réuni de grands musiciens très talentueux. Rien que Schuldiner est un grand compositeur et instrumentiste, en témoigne ce qu'il a produit avec Death et, surtout, avec Control Denied ! Après plusieurs albums, il savait se renouveler et approfondir sa vision du Metal.
Death s'est toujours opposé aux cultes haineux, surtout au satanisme gratuit juste pour faire vendre. Schuldiner défendait les animaux et avait beaucoup de chats (il en a même sauvé un qu'un des membres du groupe a gardé depuis la mort de Schuldiner).

Concernant la musique et les paroles, un simple regard sur leurs productions détruit cette idée reçue, et c'est ce que j'ai souhaité présenter.


L'idée majeure qu'apporte ce groupe est la suivante : faîtes-vous votre opinion des choses, et avancez comme vous le souhaitez. Death, s'il est aujourd'hui considéré comme un monument du Metal, n'a pas connu de réelle gloire à ses débuts : les albums étaient en cassette, leur différence n'avait pas fait mouche. Ce n'est qu'au fur et à mesure de leurs tournées et, surtout, par l'émergence de groupes de Death Metal qui affirmaient avoir été inspirés par Death, que ce groupe est devenu majeur et incontournable. 
A rebours, Death apparaît comme essentiel : le Death Metal est un genre qui a donné bon nombre de chiasses dans les années 90 et, bien plus que le Thrash, il a fait émerger un paquet de clichés. Pourtant, une des bases de ce genre qu'est Death n'admettait ni la composition facile, ni les stéréotypes. 
Non seulement c'est du Metal qui envoie sec, mais en plus ça balaie d'un coup l'ensemble des jugements hâtifs lancés contre un pan de la musique qui, peu à peu, gagne ses titres de noblesse.

Pourquoi parler d'un tel groupe sur ce blog ? Quel rapport avec les Contes urbains ? Presque tout finalement : ne pas se fier aux premières apparences et, en tant que créateur, aller vers ce que l'on veut produire. Et surtout que ce groupe m'a très largement inspiré, notamment pour le texte "Death met all".

vendredi 11 avril 2014

Road-Trip européen


Une invitation au voyage... (Photo issue du blog road-time, elle n'est pas ma propriété)

Lors d'une navigation du web, je suis tombé sur la page Facebook d'un ancien camarade de classe, lequel a entrepris un projet que je trouve sensationnel : voyager librement en couchsurfing.

Ce que j'apprécie particulièrement dans cette entreprise, outre le fait de réaliser un rêve, c'est le carnet de voyage qui s'écrit au fur et à mesure. Lionel partage son expérience avec sincérité et générosité : il publie des photographies bien fichues et des textes qui vont à l'essentiel et qui captent vraiment un esprit particulier.
Et puis, mince, un Road Trip en Europe ! Cela donne un autre regard sur le vieux continent, et on se plaît à suivre les articles : on voyage véritablement !

Au fil de la lecture, on découvre l'errance, l'aventure et les mésaventures et, surtout, les joies simples et subites, les instants fuyants, le plaisir du présent. Si les articles commencent de manière timide, la plume prend son envol, et une poésie se dévoile tout doucement. Il y a dans ce témoignage des choses qui me touchent particulièrement : l'ouverture d'esprit, le lien avec le temps, la contemplation des expériences.

Je profite donc de mon blog pour vous diffuser ce parcours de l'Europe qui, si l'on en croit ce qui est dit, doit s'étendre plus loin encore. Mais, vous aussi, partagez ce carnet de voyage interactif encore en cours, donnez l'occasion à chacun de voyager et de découvrir, ou redécouvrir, des villes et des monuments.

Cette page en particulier propose de beaux clichés : http://road-time.blogspot.fr/2014/02/bodrum-jarriveee.html

PS : Continue comme ça Lionel, bon courage à toi ! Encore une fois, que ton trip se fasse à ta guise ;)