mercredi 24 septembre 2014

Un combat pour la gratuité !

La photo de couverture des Contes urbains

Bonjour à tous !
J'ai l'immense joie de vous annoncer que les Contes urbains sont disponibles sur les plates-formes Kobo (Fnac) et Kindle (Amazon).

Seulement, j'ai besoin de votre aide.

Amazon est scandaleux en soi : il ne permet pas la gratuité des ebooks autrement que par des promo de 5 jours et des ruses de sioux. Alors, devenons sioux et permettons de rendre ce recueil gratuit, s'il vous plait.
Voici la marche à suivre :
- allez sur le lien amazon suivant : http://www.amazon.fr/gp/product/B00NUAOMZQ?*Version*=1&*entries*=0&path=%2Fgp%2Fproduct%2FB00NUAOMZQ&redirect=true&ref_=_pfdpb&useRedirectOnSuccess=1
Vous trouverez l'option "nous signaler un prix inférieur" dans la partie "Infos sur le produit".

- dans le formulaire, mettez le lien ci-après : http://store.kobobooks.com/fr-FR/ebook/contes-urbains Et dîtes qu'il ne coûte que 0€.

Voici le formulaire à remplir sur la page Amazon des Contes urbains
 Cette requête est très importante : c'est un combat pour la gratuité d'un produit culturel et pour sa libre diffusion. Quel comble de devoir s'organiser comme cela tout de même !

Je vous remercie par avance : c'est par vous que ce projet vit et peut être partagé.

Bonne journée à tous !

lundi 15 septembre 2014

Du jamais vu, du sensationnel !

Bonjour tout le monde !

Autant le dire tout de suite, n'y allons pas par quatre chemins : aujourd'hui est un très, très grand jour. Que ce soit pour vous mais, aussi, pour moi.
Le dropbox des Contes urbains héberge purement et simplement l'intégralité de mon premier recueil De Marche-Ombre à Marche-Ciel et toujours gratuitement !

Oui, non content de proposer un recueil entier qui était mon second, j'ai décidé de sortir du placard de mes dossiers informatiques ce premier travail. Je l'ai dépoussiéré, j'ai ôté quelques mauvaises herbes, et j'ai nettoyé le tout pour le rendre rutilant et agréable à parcourir.

Désormais, vous avez droit à deux livres complets et gratuits, fruits de plusieurs années de travail : n'est-ce pas merveilleux ? D'autant que j'en ai parlé plusieurs fois sur le blog autour des explications de textes. Peut-être cela avait-il piqué votre curiosité ? Quoi qu'il en soit, vous pouvez désormais découvrir ce premier travail.

Je suis ravi de pouvoir enfin le proposer dans un format propre et sous une version qui me convient. Ces textes ont beaucoup de valeurs pour moi (comme pour le second recueil), mais je souhaitais tout particulièrement rendre public de premier livre : car c'est, tout bêtement, mon premier projet d'écriture abouti !

Encore une fois, je vous remercie de rendre cette aventure possible : le recueil s'est bien téléchargé, et ça m'a motivé à poursuivre. Le blog est fréquemment visité et ma page Facebook a dépassé les 60 fans : c'est grandiose, merci à vous !
Continuez à partager, diffusez, ouvrons les frontières !

Bonne lecture à vous !

vendredi 12 septembre 2014

Prends du recul avec les média, ta vie s'allègera

 
Juste pour dire : cet homme a affirmé ça alors qu'il a acheté un site d'information...


Bonjour à tous !

Vous le savez autant que moi, le monde actuel, c'est un chaos informe. Il y a des guerres partout dans le monde. Tous les jours apportent leur lot de crimes, délits, vols, viols, meurtres, trafics, magouilles, drames. Parce que nous, personnellement, nous vivons cela tous les jours.

Ma dernière phrase est délibérément ironique. Si nous avons connaissance de toutes ces choses, c'est par l'action des média, qu'ils soient sur Internet, journal papier ou à la télévision. Avant de poursuivre, sachez que je ne suis pas foncièrement anti-média. Mais des éléments rencontrés dernièrement ont réactivé une certaine pensée que j'ai vis-à-vis des média, et partagée par beaucoup de personnes.

A savoir cette question ténue : où se trouve la frontière entre divertissement et volonté d'informer ?


Dernièrement, le site jeuxvideo.com a été racheté par un businessman. Sur le site, cela est présenté comme une aubaine, le monsieur est annoncé comme l'avenir du site. Bien évidemment, vu qu'il en est le principal actionnaire, on ne va pas contre-dire cette donnée-ci ! Il faut savoir une chose : jeuxvideo.com est devenu, depuis quelques années, le bastion de l'anti-information. Entre les news faîtes exprès pour alimenter les trolls (ceux qui gueulent à tout bout de champ), autrement dit des "news à clics" pour avoir le plus de visites (les revenus étant indexés sur le nombre de visites), les tests étrangement élogieux pour des jeux plus que contestables (le 3615 Usul a bien épluché cela), on était en droit de se demander si ce site d'information n'était pas devenu une aire de grand divertissement, dont le simple but est d'amuser l'internaute par des joutes verbales et de lui faire lire ce qu'il veut lire, à savoir que le dernier Call Of Duty est bon et qu'il doit l'acheter.

En somme, jeuxvideo.com est anti-informatif. Bien qu'il tente de rendre cela moins visible par "l'avis des lecteurs", on sent que les tests sont faits très vites et que les news dépendent de la popularité des jeux et du budget marketing alloué à ces jeux par les éditeurs. Du coup, on n'est pas dans un système informatif qui va chercher à montrer toutes les choses au même niveau. Il y a des enjeux économiques, tout est calculé selon les lois du marché, ici du jeu vidéo. 

Dernièrement, ce site a donc été racheté. Et ce businessman qui, en apparence, avait l'air sympathique, n'est rien d'autre que l'archétype du genre : il achète sans faire de cas de ce qu'il achète.
Attention, la vidéo présentée est orientée, il ne faut pas jeter les pierres sur cet homme. Entre le discours tout rose du site et cette vision propre au youtubeur, il faut un juste milieu : https://www.youtube.com/watch?v=g99YWLlkWno

En somme, que retenir ? Cet homme se moque de l'information et ne veut que du divertissement et, dans le divertissement, nous nous mettons en objectif de donner à entendre ou lire ce que les gens veulent. Car le divertissement est dans le plaisir, il faut faire plaisir à son destinataire. 
Cet homme s'aligne sur les lois du marché et la volonté de profit par les règles du marketing internet, notamment la visibilité. A tel point que "le rédac chef, c'est Google". Sans doute ne pensait-il pas à mal en disant cela, mais l'idée est claire : les journalistes n'écrivent que pour être visibles, le but étant le profit, le profit étant du côté des grosses licences. Le site est donc à la merci des gros éditeurs dont on doit dire du bien, par extension.

Avec de telles pratiques, comment pouvons-nous voir jeuxvideo.com comme un site d'information ? Ce n'est clairement plus le but : un tel changement d'actionnaire montre que ce site a la corde au cou, laquelle est tenue par le marketing et le profit. Le site a des comptes à régler avec le marché du jeu vidéo, car une note va gonfler ou plomber les ventes d'un jeu. Il y a des magouilles, des gros sous derrière. Ce site n'est qu'une vitrine par laquelle vous en aurez plein les yeux, rien de plus.


Maintenant, pourquoi je me suis autant penché sur ce cas ? Parce que cette récente affaire met au jour le nerf même du journalisme. Il y a bien longtemps que la télévision a basculé du côté du marketing, plusieurs chaînes télévisées sont tenues par des géants de l'industrie mondiale. Je ne vous apprends sans doute rien, mais les financements se jouent par des grands groupes.
Par ailleurs, la télévision est régie par une autre donnée : l'audimat. Du coup, quel est le but d'une chaîne de télé' ? 
Elle doit rapporter de l'argent pour les actionnaires.
Pour rapporter de l'argent, elle doit mobiliser un public fidèle.
Pour que ce public revienne, il faut lui donner ce qu'il recherche.
Dans le cas d'un journal télévisé, qu'est-ce qui accroche le public à son poste ?
Pourquoi le 19.45 de M6 a réussi à rivaliser avec les autres journaux ? Par le créneau horaire ? Non, mais par le contenu. Regardez bien ce JT, et vous comprendrez le schéma : crimes, insécurité, critique de la politique, encore des délits et des faits-divers troublants puis, en dernier lieu, une petite pommade, genre la foire à je sais pas quoi ou l'arrivée d'un acteur ou la sortie d'un truc.

Tout, absolument tout dans ce journal sent la sensation. Ils ne sont là que pour ça : divertir ! Le public attend d'avoir des faits-divers ou la suite d'un procès ou la conséquence d'un crime commis, car cela permet soit d'alimenter les débats stériles type "le monde est trop violent aujourd'hui" ou de soulager les gens en leur faisant penser "ah ben chez moi ça n'arrive pas, ouf !".
Seulement, nous ne sommes pas dans de l'information : si nous étions dans l'information, pourquoi diable un fait majeur serait oublié deux semaines après qu'il se soit produit ? Regardez bien, ça fonctionne pour tous les journaux : un fait majeur sera épluché dans les moindres détails mais, soudain, passé ce temps de 15 jours, plus rien, évaporé, comme si tout s'était arrangé.
Les média principaux sont dans une logique de divertissement : non seulement ils sont enroulés dans ces nœuds du marketing, qui nécessite de sans cesse renouveler le divertissement pour fidéliser, mais, en plus, il n'est humainement pas possible d'intérioriser l'ensemble des informations possibles.

Je disais que le débat autour de la violence du monde actuel est stérile. Voici quelques raisons :
- des conflits, y en a depuis la préhistoire, si ce n'est qu'aujourd'hui c'est à plus grande échelle
- des viols et crimes sexuels, il y en a toujours eu, sauf qu'avant on en parlait pas
- des meurtres, idem
- des trafics litigieux : quand la gabelle (taxe sur le sel) était de vigueur, je suis convaincu qu'il y avait du marché noir de sel, avec tout ce que ça induit


Non, le monde n'a pas viré en un chaos au fur et à mesure du temps. Il a toujours contenu en lui les mêmes tares, si ce n'est qu'elles ont pris une autre ampleur. Ou simplement parce que les média nous les plaquent à la figure dès que possible.
Je ne dis pas qu'il faut rester sourd et aveugle à ce qu'il se passe. L'information permet de prendre conscience de certaines choses. Mais pour avoir cette conscience, il ne faut se laisser endormir par le but de divertissement de certains média. Sélectionnez, triez, observez, comparez : ne restez pas sur une seule voie. Les média font une interprétation du monde, en sélectionnant les nouvelles qu'ils veulent mettre en avant selon une ligne éditoriale, selon des choix. Le but même de l'information n'est pas de dévoiler une seule vérité absolue, mais de donner à voir et à réfléchir. Là où l'information ne fait pas son travail, c'est quand elle donne l'illusion d'une vérité absolue, alors qu'elle ne fait que lobotomiser selon ce principe creux du "divertissement" qui ne consiste qu'à faire dans l'éclat et le spectacle.
Mais méfiez-vous des paillettes, on ne sait jamais ce que ça cache derrière.

samedi 6 septembre 2014

Le jour où j'ai acheté une liseuse

 
L'origine du Mal ! (source de l'image)

Bonjour à tous !

Dans le fil de l'actualité, et par l'évolution d'internet, nous vivons une bascule en ce qui concerne la culture, son accessibilité et, surtout, les commerces qui vivent d'elle. Dernière invention en date, qui révolutionne un objet séculaire qui a parcouru les âges, non sans mal, et que l'on croyait bon pour quelques siècles encore : le livre.
Avec des sites Internet marchants lançant une concurrence déloyale contre certaines libraires, le livre a connu des heures d'obscurité. Il faut voir aussi que, souvent, les librairies qui sont dans l'actuel (sous-entendu, qui ne font pas dans l'occasion mais le neuf) souffrent d'un manque de produits : celui qui cherche du précis se trouvera souvent dans l'embarras (je ne compte plus les fois où je me suis retrouvé comme une andouille en demandant un livre qui n'est plus dans les stocks des maisons mères de librairies majeures...).
Autre cas de figure, ces sites marchands ont mis à mal le marché de l'occasion : les bouquinistes ont parfois du mal à se relever face à un réseau immense qui met en contact des particuliers du monde entier en quête d'acheteurs et de vendeurs de produits épuisés.

Mais, depuis peu, il y a cette technologie qu'est la liseuse, et qui vient donner un autre coup bien violent au marché traditionnel du livre. Alors, que dire ? Est-ce vraiment le glas pour le bon vieux livre papier, toujours aussi efficace ? Va-t-il lamentablement s'incliner face à une machine jugée froide et sans saveur ?

Très sincèrement, je ne savais pas quoi penser des liseuses avant quelques temps : je trouvais ça cher (100€ les premières machines), d'autant que les livres numériques n'avaient pas d'offre spéciale et que leur catalogue était assez limitée. 
Ce point de vue, c'était il y a trois ans, depuis les choses ont changé. 
Cependant, on entend ce même discours : "Ca va tuer le marché du livre, d'autant que ça va tuer le livre par la même occasion. On n'a pas le même rapport au livre, c'est scandaleux, froid et insipide. Une honte moderne face au traditionnel qui ne nous a jamais fait faux bond !"



Un tel discours ne prend pas en compte une donnée assez essentielle dans le domaine de la culture : le numérique, qui conduit à une culture dématérialisée, c'est à dire sans support physique, est absolument partout. 
La musique a connu un regain d'intérêt par le numérique : les CD connaissaient une perte de vitesse, à cause de son coût (80 francs pour un album, puis 15€ aujourd'hui, c'est pas donné)  mais surtout à cause d'un marché de l'occasion hermétique. Si tu voulais des grands standards, tu avais la chance d'avoir des rééditions. Mais si tu voulais l'album unique d'un groupe de Rock méconnu des années 70, paye ta patience, et paye le prix surtout ! Il y a eu une marginalisation du marché : on ne trouve pas chaussure à son pied dans le marché contemporain, et l'occasion n'est pas à portée de main, alors on se détourne de la musique.

Le numérique a grandement contribué à l'expansion de la musique sur deux fronts :
- le premier, dans la diffusion et la redécouverte de grands classiques. Les Rolling Stones, Iron Maiden, Metallica, Led Zeppelin, Beatles et autres sont bien contents du regain d'intérêt que les personnes ont eu dans les années 2000 durant lesquelles l'essor du mp3 a permis une relance de ces groupes qui avaient perdu en popularité
- le second, dans l'accès aux courants indépendants. Internet et les fichiers dématérialisés rendent possible le partage et la diffusion libres qui se font sans l'appui d'éditeurs, et des sites comme Bandcamp permettent à tout un chacun de se faire connaître

Cet exemple de la musique vaut aussi pour tous les autres produits culturels : œuvres d'art qui se diffusent par des reconstitution numérique (et les visites de musée via Internet permettent à tous un accès à des lieux où ils ne pourraient pas aller, par soucis économiques ou géographiques) mais aussi le jeu vidéo.
Beaucoup ont levé le poing contre l'arrivée du dématérialisé dans le jeu vidéo, parce que c'était perdre l'objet physique, comme on le retrouve dans le cas des livres. Toutefois, comme pour la musique, le dématérialisé permet une pratique plus large du jeu vidéo : les jeux sont moins chers (sur Steam, surtout), on peut diffuser plus de jeux, les indépendants peuvent se faire connaître.

En soi, le support numérique a quelque chose de fantastique : donner une chance à des créateurs nouveaux de se faire une place sans courber l'échine devant des mécènes, permettre au plus grand nombre un accès à la culture par une proximité immédiate, par la gratuité (attention, gratuit ne signifie pas illégal) ou des tarifs réduits, ainsi que de donner un second souffle à des œuvres laissées hélas dans l'oubli, œuvres qui sont souvent hors-de-prix en support physique.

Une liseuse permet désormais cela : avec une machine au prix abordable (on peut en trouver à partir de 30 et 60€), il nous est permis de télécharger des livres à prix réduits, des livres rares quasiment impossibles à trouver à bon prix ainsi qu'une pléthore d'ouvrages gratuits, soit issus du domaine public (Dracula, Don Quichotte etc, les grands classiques que nous payons à prix honnête en support physique pour financer l'imprimeur, l'éditeur et le libraire) soit issus d'indépendants, comme moi et bien d'autres auteurs.


Mais vient alors une question : si, pour l'objet culturel, le dématérialisé est une aubaine, et si cela peut satisfaire chaque individu dans sa quête de culture, qu'en est-il des commerçants qui ne vivent que par le support physique ? 
On entend souvent dire que le mp3, et le téléchargement, ça tue l'industrie de la musique. C'est sans compter que la disponibilité ouverte que permet Internet rend la musique ultra-accessible, et les mélomanes qui, avant, restaient auprès de quelques groupes ou musiciens sont désormais accoutumés à plusieurs centaines d'artistes. Des artistes qu'ils seront ravis de retrouver dans des festivals, lieux de rassemblement qui sont le véritable nœud d'un musicien qui se fait bien plus d'argent avec les places et la vente de marchandises que par les albums qui, surtout, profitent aux labels. 
Et ceux qui se plaignent dans la musique, ce sont bien plus les labels que les musiciens qui, au contraire, sont ravis de l'outil Internet avec le financement participatif et cette accessibilité quasi-garantie.

On entend ainsi, pour le livre, que l'eBook tue l'industrie du libraire : les libraires majeurs, déjà en mal face aux sites Internet marchands, accusent le coup d'une machine qui bouffe leur marge, tandis que les bouquinistes ont bien du mal, déjà, à se faire une place à côté des librairies majeures, d'Internet et de ce nouvel outil...
Sachez que tout cela, bien que ce soit une réalité, est à dédramatiser. Même si j'achète de la musique en téléchargement légal (merci Bandcamp et les financements participatifs !), je garde l'envie d'avoir un support physique pour quelques albums que je trouve incontournable, ou alors je les prends directement lorsque les artistes se produisent en concert. Par ailleurs, toujours pour la musique, j'ai trouvé un disquaire d'occasion qui proposait des albums incontournables à très bon prix, et cela fait 20 ans qu'il est sur le marché ! 

Donc, non, le dématérialisé ne tue pas forcément les boutiques d'occasion.

Pour les jeux vidéo, si le dématérialisé a fait mal à de nombreuses boutiques, la chaîne Dynamite Games se porte très bien, notamment par le grand nombre de boutiques en France, mais aussi par leur stock simplement énorme en matière de jeux rétro et de jeux neufs (à des tarifs plus qu'honnêtes !). Là aussi, ça se porte très bien pour eux !

Mais qu'est-ce qui a fait qu'ils ont réussi là où d'autres ont mis la clé sous la porte ? 
Simplement qu'ils ont compris qu'Internet et le support virtuel n'étaient pas en concurrence, qu'il ne fallait pas livrer la guerre, mais s'orienter, redéfinir son activité pour coller à ce nouveau marché. Puisque les personnes peuvent découvrir des groupes mythiques ou malheureusement méconnus via Youtube, les disquaires peuvent mettre en avant ces nouvelles tendances, ces redécouvertes : quand j'ai trouvé du Uriah Heep chez un disquaire à 8€, je n'ai pas hésité un seul instant, parce que j'avais déjà entendu ce groupe sur Internet, et je savais que j'allais faire une bonne affaire !
Dans le cas des livres, la liseuse n'est pas l'anéantissement du livre traditionnel, mais bien plus un formidable outil qui, comme je l'ai dit, permet l'épanouissement des indépendants et la satisfaction de la gourmandise de nombreux lecteurs. Quand je vois ceux qui dévorent trois livres par semaine, je me dis que le faire en support numérique, ça fera de bonnes économies d'étagères !

D'autant que l'adaptation est possible pour les bouquinistes qui possèdent des ouvrages rares. Comment ? En les numérisant ! 
Ceux qui détiennent des ouvrages épuisés ont la possibilité de donner une renaissance à des objets dont on ignorait l'existence. Bien au-delà de la mort de la culture, le numérique apporte un second souffle salvateur. Il en sera de même pour les livres. Comment je peux en être aussi certain ? Parce qu'on voit comment cela s'est fait pour les autres arts : les expositions sont plus visitées que jamais, car les personnes peuvent accéder à l'art bien plus facilement qu'auparavant. On écoute de plus en plus de musique, car on peut découvrir les productions actuelles ainsi que les pépites du passé. On peut jouer à des jeux vidéo qui n'ont jamais dépassé les frontières japonaises ou américaines car Internet permet de passer outre les limites géographiques.


Non, l'idée d'une mort de l'art et de la culture par le numérique n'est pas une réalité. C'est une crainte légitime, mais, surtout, une crainte à pondérer. Jamais nous n'avons eu plus facilement accès aux arts et à la culture, jamais nous n'avons été plus baigné d’œuvres qu'aujourd'hui ! On déplore le manque de lecture, le manque de degré de culture dans un monde jugé sur-technologique. Mais c'est bel et bien cette technologie qui rapproche les gens entre eux et, à fortiori, permet de relier les pensées, les idées, les goûts et les cultures entre elles.