samedi 19 décembre 2015

Le guide du Metal pour les non-initiés : L'affirmation du Metalhead (partie 1)

Mettez-vous dans l'ambiance : c'est joli et tout mignon, et ça met de bonne humeur !

Bonjour à tous !

Je pense que vous l'avez compris : le Metal est un univers vaste, une culture en constante expansion. Ce genre musical s'organise, se rassemble, et devient un incontournable. On a tous entendu parler de Metal, avec tout ce que ça implique. On a déjà parcouru beaucoup de choses, mis au clair des points particuliers et, surtout, défoncé certains clichés et à priori !
Seulement, au-delà de tout ce qu'on peut dire sur ce genre, et au-delà des critiques fondées sur rien qu'on peut avoir (genre pour abrutis décérébrés, ça pousse au satanisme, au suicide, à la mort et ça crée de la violence), il y a bien une pensée que je trouve absolument juste :

Pourquoi le metaleux semble-t-il avoir le bon goût absolu en matière de musique ?

First World Metal Problems meme

Voyez-le : il dénonce la musique Pop à cause de la pauvreté d'écriture, et met en avant un Dream Theater complexe. Il signale la vacuité des paroles, et montre qu'en Metal on peut à la fois avoir du technique et des paroles poétiques avec un Gojira. Il déplore l'absence de prise de risque dans la musique mainstream, autrement dit ultra-populaire, et partage du Nightwish et ses élancées opératiques léchées.
Et quand on lui rétorque : "Arrête avec ton Hard Rock là, tu nous énerves", il réagit aussitôt.

"Non, mais Nightwish, c'est du Metal symphonique. Alors quand on sait pas hein, pas la peine de se la ramener !"

Bougre de malappris ! Non seulement il impose ses goûts en les surestimant par rapport au reste, mais en plus il vous ramène dans votre ignorance crasse !

Ce comportement est bel et bien réel : l'amateur de Metal semble dénigrer tout ce qui n'est pas du Metal, et porte un soin particulier à bien mettre les musiques dans leurs catégories respectives. Mais pour quelles raisons est-ce que cette personne continue à être aussi tatillonne sur ce qui semble vain pour les autres ?

On va alors analyser deux points pour expliquer pourquoi l'amateur de Metal monte souvent sur ses grands chevaux et donne l'impression d'être un je-sais-tout-sur-tout en matière de musique.

Le Metal contre la société : une lutte de "qui criera le plus fort"

Il faut resituer l'émergence du Metal. Comme nous l'avons vu, à partir de la fin des années 60, le Metal est créé petit à petit, et gagne en divergences au fur et à mesure, jusqu'à constituer un ensemble musical qui s'est beaucoup renouvelé sur près de cinquante ans. Face à cette nouveauté constante  et à cette culture souterraine qui avance sans l'élite, et parfois la conteste, la société contre-attaque. Elle a voulu renvoyer une image négative du Metal.
Il y a une pression sociale réelle et évidente : la société, souvent régie par une logique d'élite, ne peut pas accepter qu'un mastodonte vienne sur le devant de la scène sans son approbation. Elle dira ainsi que le Metal c'est sataniste, ça pousse au suicide et, surtout, c'est pas de la musique car ça gueule et que c'est pas construit.
Comment comptez-vous que les amateurs de Metal vont réagir après ça ?

"Tu vois de la violence là-dedans, vraiment ?!"

J'ai envie de lier cette situation à celle présentée au début de Final Fantasy VII.
Pour rappel, le groupe AVALANCHE, des terroristes écologistes, a pour vocation de détruire l'ensemble des réacteurs de la Shin-Ra, corporation multinationale corrompue qui ne jure que par la fric puisque leur but est, notamment, de trouver la Terre Promise riche en matières premières (l'Energie de la Planète, ou le Mako). La Shin-Ra puise sans arrêt avec ses réacteurs les ressources vitales du monde. AVALANCHE veut arrêter tout ça par des explosions et autres opérations coups de poing.
Manque de chance, la corporation n'entend pas se laisser faire : elle piège le groupe AVALANCHE et détruit un quartier entier de l'immense capitale qu'est Midgar. Les héros s'en sortent mais perdent dans l'accident des membres actifs du groupe. Résultat de l'attaque par la Shin-Ra ? Une radicalisation. Barret, capitaine du groupe, en veut davantage à la corporation et se retrouve dans une rage folle.

Voilà un personnage qui inspire la douceur... (source)
Ce que je veux signifier par là, c'est qu'une opposition franche et nette de la société face à un groupe soudé et en dehors de la "norme" ou de la "démagogie", ici les Metalheads, ça ne les arrête pas, bien au contraire ! A force de leur plaquer à la figure des interviews imbéciles sur des personnes sélectionnées afin de faire une mauvaise pub au Metal, ou de leur imposer des journalistes qui se moquent effrontément et sans aucun respect d'une culture qu'ils n'ont pas cherché à comprendre (le souci de l'information objective, il ne faut plus y croire), les amateurs de Metal font front. "Ils nous emmerdent, on va brailler que notre musique, c'est de la musique !"
Affirmation par le style vestimentaire, organisation de festivals ou de concerts pour réunir les Metalheads, tout est bon pour montrer que cette culture est unie et indivisible ! 

Ou la mort, carrément ! Ca, c'est Heavy ! (source)

Non, le Metal ne rend pas débile, car il est produit par des musiciens qui ont toute leur tête. Et même si Cannibal Corpse est effrayant, voire carrément dégueulasse, ce sont des hommes tout à fait saints dans la vie de tous les jours. Les paroles violentes vont avec la puissance dégagée par la musique. Quand ils la jouent, ainsi que ceux qui l'écoutent sur scène, s'amusent, passent du temps. Et, comme le dit Alice Cooper dans la vidéo juste après sur Metal et horreur, c'est un peu comme Halloween : on est là pour être ensemble sous une musique, pas pour sacrifier des chèvres au clair de lune.



Ceci était le premier point : la radicalisation, l'affirmation exacerbée face au bruit assourdissant des inepties qu'on entend partout dans les médias généralistes.

De fait s'explique ainsi le pointillisme, et cette volonté de montrer que le Metal est un genre avec ses règles et sa logique qui se démarque du conformisme de la musique Pop. C'est ce qui permet de comprendre le dégoût qu'ont certains Metalheads avec la Pop, le Rap, l'Electro ou autre genres appréciés par le plus grand nombre : "Ce qui est populaire est lié à cette société qui rejette, alors que j'ai ma place dans le Metal?."

Mais il y a une deuxième action qui rend le Metalhead tatillon et pointilleux. C'est ce que nous verrons la prochaine fois !
D'ici là, je vous souhaite à tous une excellente journée et, aussi, excellentes fêtes de fin d'année : profitez-en bien, vous l'avez mérité !

samedi 5 décembre 2015

Comment faire pour... Être un excellent psychologue !

Source
 
Bonjour à tous !

Après avoir compris ce qui faisait un bon enseignant, on ne pouvait pas s'arrêter en si bon chemin - notamment parce que j'avais dit que c'était une série. Aussi, si la question d'aujourd'hui semble un peu inutile de prime abord, vous allez vite comprendre que c'est en fait essentiel !
On le sait tous, si le mal du XIXème siècle a été le spleen, le mal du XXIème siècle est... Toujours le spleen ! Presque deux siècles après Baudelaire, on se retrouve toujours à lire son Spleen de Paris en se disant : "Putain que c'est vrai !"
Et comment contredire cette vérité puisque le français de base, en plus d'être râleur, est plus enclin que les autres à la dépression. Fierté du coq : notre pays serait numéro 1 dans la consommation d'anti-dépresseurs.
Je ne dis rien de neuf mais, en l'état, si ces médicaments sont courants par chez nous, il faut comprendre qu'il y a, aussi, une importance capitale à réserver aux spécialistes que sont les psychologues !
Être un excellent psychologue est une priorité double :
- messieurs, dames, il convient de choisir correctement celui qui va vous suivre selon des critères très précis. Il serait dommage de donner sa confiance à un charlatan
- pour les spécialistes, vu le terreau fertile de malaises et de troubles que vous avez autour de vous, il faut absolument proposer une vitrine qui inspire la confiance. L'apparence, c'est le nerf de la guerre.

Allez, ne perdons pas plus de temps : c'est d'utilité publique, cet article !
 

La salle d'attente doit être impeccable !
Ceci vaut pour toute personne qui, étant très demandée, convie n'importe qui à attendre. Car l'attente, si elle permet à chacun de s'interroger sur de bonnes choses, va rapidement rendre mal à l'aise ou agacer passées les cinq minutes. Votre salle d'attente se doit d'être irréprochable : revues spécialisées pour que le patient s'intéresse à ce qui le tourmente et tabloïds plus légers pour qu'il se soulage l'esprit après s'être mis en tête qu'il avait un syndrome terrible.
Pour les sièges, respectez cette règle absolue : faîtes en sorte qu'ils soient assez confortable pour ne pas irriter ceux qui attendront plus d'une heure, mais soyez vigilants à ce qu'ils soient suffisamment peu pratiques pour que le patient ne fasse pas d'heures sup' ! Si, hélas, vous avez des chaises d'un confort inégalé, vous pouvez toujours vous rabattre sur une climatisation défectueuse, des produits ménagers odorants ou toute autre ventilation bruyante pour que la pénibilité soit suffisante. Ne prolongeons pas plus que nécessaire !


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Avoir une armée de diplômes dans sa salle de consultation.
Ça y est : le patient a eu sa claque de devoir... Patienter, justement. Il devient enfin une personne à ausculter. Celui-ci va, dès lors, pénétrer dans votre lieu de travail. Autant le dire tout de suite, il faut que ça en impose. Pour ça, quoi de mieux que des diplômes placés sous verre, et placardés sur un seul mur ? Attention, si vous dispersez vos précieux titres, le patient aura le regard fuyant. Et il serait dommage de juger ce regard comme signe de trouble en relation duelle ou autre syndrome de timidité panique à l'égard d'autrui alors qu'il ne s’agissait que d'une admiration manifeste face à tant d'expertise !
Toutefois, si vous n'avez pas eu la chance d'être dans plusieurs universités, sachez que les bibliothèques garnies de livres spécialisés, ça en impose grave ! Déjà parce que le patient va se dire : "Mais a-t-il lu tous ces livres ?" Mais, en plus, parce qu'il pensera, après avoir lu des titres comme "De la conscience individuelle à l'affirmation collective" ou "Traité de psychologie avancé", que vous n'êtes pas un rigolo.

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Le divan, bon sang, le divan !
C'est comme l'enseignant sans son stylo rouge : vous ne pouvez pas échapper au divan ! Car, à partir du moment où votre patient vous perçoit comme une personne digne de confiance, il faut le mettre à l'aise afin qu'il dévoile avec aisance ce qui, justement, lui fait ne pas se sentir à l'aise dans son quotidien. Difficile, comme paradoxe ! Heureusement, le divan le renverra à ce moment ultime du soir où, après une longue journée d'un travail épuisant, il se laisse aller sur son canapé. Il se sentira comme à la maison !

Prétendre l'écoute et faire des trucs sur son carnet.
Bon, on ne la fait pas à vous, les spécialistes. Vous avez tout vu, vous connaissez tout dans votre domaine, sinon vous ne seriez pas un "spécialiste" !
Optimisez votre temps, l'écoute sera longue et fastidieuse ! Pourquoi ne pas profiter de ce moment où votre patient alignera des lieux communs de personne mal à l'aise pour vous adonner à votre passion secrète ? Le dessin est un bon moyen de vous exprimer, mais ne négligez pas non plus l'écriture ! Profitez des tranches de vie que vous raconte ce patient, ça donnera plus de crédibilité à votre roman. Ainsi, une fois que les lecteurs auront acquis le livre sur lequel on lit en bordereau "La sensation roman psychologique du moment", ils diront : "On sent que cet homme a une vraie sensibilité pour les personnes d'aujourd'hui, il a tout compris de nos malheurs et de nos préoccupations."
Et à vous la gloire dans le milieu littéraire, tout en engrangeant plus de patients qui auront été estomaqués par votre esprit d'analyse !

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On peut aussi manger un yaourt durant une consultation... Source

 Parler de l'enfance, des parents, du rapport à la sexualité et du bas corporel.
Vous êtes psychologue et, non, la psychanalyse n'est pas votre domaine. Vous n'êtes pas psychiatre, non plus. Mais le patient qui vient en consultation ne connaît pas cette distinction. Pour lui, c'est la même tambouille. N'hésitez pas à lui demander d'approfondir son enfance, afin de chercher un trauma quelconque. Non seulement ça montrera que vous êtes à l'écoute, mais en plus ça permettra de tirer des conclusions, et de montrer au patient que tout est surmontable, puisque tout a une origine ! Le but est véritablement de parvenir à rassurer la personne. Une fois qu'elle aura pointé du doigt une blessure, elle saura dépasser cela.
N'oubliez pas que l'écoute - ou plutôt, donner au patient le sentiment d'être écouté - possède des pouvoirs fantastiques.

Source
Avoir soi-même une névrose.
Malheureusement, si vous voulez exceller en tant que psychologue, il faut savoir ceci : si vous-mêmes n'êtes pas possédé par quelques démons, alors vous n'atteindrez aucun sommet. Eh oui, qui mieux qu'une personne troublée peut partager l'expérience de celui piégé par des troubles multiples ? Il est évident qu'un psychologue entièrement sain ne peut absolument pas exercer de manière parfaite, car il passera à côté de l'essentiel.
Puis, nous le savons tous : un psychologue le devient car, à la base, il a eu conscience d'être "malade", et il a voulu en apprendre plus sur sa névrose par près de huit ans de médecine ! Pourquoi aurait-il voulu consulter un spécialiste alors qu'on peut se soigner soi-même en devenant expert ? L'auto-médication, c'est la modernité !
Enfin, n'oubliez pas que vous avez votre projet de roman. Si ce livre a été écrit par quelqu'un de fragile, que vous êtes forcément en tant que psychologue parfait, c'est encore plus de sympathie que vous manifestera votre lectorat !

Bloody Face dans American Horror Story Asylum, ou bien : "Bonjour, je suis un lieu commun du genre horrifique, du type "j'ai un problème mais j'me soigne, mais j'y arrive pas. Je suis psychologue et psychopathe." (Source)
J'espère que, spécialistes comme patients, tirerez d'excellentes leçon de ce guide absolument incontournable et essentiel !
C'est sur ceci que je vous donne rendez-vous prochainement pour un nouvel article. Pensez à partager et à diffuser : c'est utile, cet article !

Encore une fois, n'oubliez pas que vous pouvez réagir en commentant en dessous et, pourquoi pas, soumettre vos idées. N'hésitez pas aussi à envoyer un message avec le formulaire de contact.