dimanche 4 décembre 2016

Tonton Death Metal et la société : Social Justice Warriors, égocentrisme et tir à vue

T'es privilégié maggle, alors tu la fermes !
 
Bonjour à tous !

Ca faisait longtemps, n'est-ce pas ?
En plusieurs mois, il n'y a pas eu grand chose qui pouvait me pousser à la réaction comme je le fais aujourd'hui. Comme j'ai pu le dire dans mon précédent post, d'autres défendent mieux que moi les convictions que je défends autour des questions sociales, notamment la vie sur Internet.

Seulement, j'ai plusieurs fois, sur Facebook, était confronté à des personnes qui s'apparentent au mouvement des Social Justice Warriors (SJW). Ce groupe a pour but de dénoncer les ennemis de la vie en communauté et mettraient en péril l'ordre social. Il cherche notamment à montrer les dérives du patriarcat, du racisme etc au contraire d'une volonté de progrès social.

En soi, ça défend une noble cause.

Mais la question de la défense féministe, j'en ai déjà parlé dans un précédent article : si la lutte sociale veut renverser une domination pour la remplacer par une autre domination, elle se trouve biaisée dans son essence ! J'avais conclu en disant qu'insulter un sexe revenait à insulter l'autre - tout le monde est victime dans une domination culturelle. Imposer un modèle d'homme viril place les femmes en situation de proie et impose aux hommes d'être des animaux. L'homme qui sortirait de ce modèle ne serait pas alors un homme, mais une déviance au mieux, une erreur au pire.
Le patriarcat fait du mal aux femmes, évidemment, mais également aux hommes qui souhaitent sortir de ce modèle. Seulement, en tant qu'homme, on n'est pas légitime vis-à-vis de cette question.
Pour de nombreuses SJW, un homme ne peut pas comprendre les femmes - voire, les femmes n'ont pas besoin des hommes pour défendre leurs droits. Et si un homme tente de montrer que le patriarcat le blesse, on lui répond qu'il se victimise, en utilisant le "Male Tears" comme ridiculisation du jaloux qui, face à l'idée qu'on parle des souffrances des femmes, ramènerait la couverture vers lui en rappelant que, lui aussi, il souffre.
Un peu comme on rigole des compagnons de femmes enceintes qui diraient souffrir des mêmes maux que la femme, afin d'attirer l'attention vers eux.

Des "Attention Males". 


Cette précision est importante. Car le sujet fait débat sur Internet : il y a plusieurs articles sur la cause féminine qui circulent, et souvent ça apporte un bon gros lots de joutes verbales houleuses.
Très souvent, je vois des internautes se faire sauter dessus parce que des mots sont mal utilisés ou qu'il font preuve d'un esprit patriarcal. La politesse tombe en oubli, et il y a une réelle violence des SJW à l'égard de ceux qu'ils considèrent comme "ennemi" de leur cause.

Ce que je partage aujourd'hui, c'est une situation de communication d'un échange assez musclé. Le départ est simple : je ne voulais pas répondre jusqu'à ce que je remarque un manquement évident à la nétiquette (savoir-vivre sur Internet). Vous aurez donc cet échange avec quelques commentaires de ma part en italique.
Je vous souhaite une agréable lecture. Accrochez-vous, il y a du grand, du très grand.



Débat sur l'IVG, un internaute masculin réagit :
« Matthieu Moi je suis 100% pour les mouvements "free the nipple" .. Après pour l'IVG je trouve qu'il devrait y avoir études de cas et accompagnement faut pas que ça devienne un acte médicale "banal". »

Réponses :
Lou  Pourquoi ? C est quoi le problème avec le fait que ce soit un acte banale pour les femmes?

Lady Ca devrait être un acte banal. Et les mecs devraient arrêter de décider de ce qui devrait être ou non pour nous.

Matthieu Bah après chacun l'interprète et je pourrais sans doute pas parler pour toutes les femmes mais je pense pas que tu vas un faire ivg de la même manière que si tu vas te faire retirer les amigdales



Matthieu Après c'est pas "banal" parce-que sans aller dans des argumentations théologique il y a une question éthique dans la question de l'ivg.

Lou À priori t es un garçon, donc tu ne peux parler au nom d'aucune femme. Elles le font très bien et n'ont pas besoin de toi.

Pourquoi une question d'éthique ? Elle est où l'éthique à culpabiliser une femme, à sous entendre que quand même l'ivg c'pas rien ( ou à l'affirmer clairement), elle est où l'éthique des médecins qui ont des propos et des actes ultra degeu face à des femmes qui demande simplement à décider et quand elles seront mères, elle est où l'éthique quand on ment aux femmes sur les prétendues conséquences d un avortement, elle où l'éthique quand les hommes exigent d'avoir leur opinion à donner quand ce sont encore les femmes qui portent le poids des contraceptions, ....

Violence symbolique directe à la tronche du gars.

Lou http://www.commentpeutonetrefeministe.net/.../avortement.../ pour lire des trucs avant de dire des âneries sexistes Bam, taxé de sexiste et d'abruti, direct, sans sommation.

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Matthieu Vous avez l'air très remontée et autant je peux pas parler aux noms des femmes autant je peux pas me faire engueuler pour tout les hommes et tous les cons, les médecins incapables ,les pervers etc.. la liste est longue. Après vous pouvez pas non plus parler pour toutes les femmes et je pense que chaque femmes étant différentes ça fera jamais de l'ivg un acte aussi banal que vous le dites. Mes propos n'ont pas pour objectifs d'être mysogine mais au contraire c'est de la bienveillance de proposer un accompagnement adapté c'est tout. Après l'éthique c'est vrai comme tout yen a qui se torche le cul avec d'autre pas.


Lou Si c est un accompagnement adapté aux besoins réels des femmes que tu defends. Dis le comme ça. Dis pas des trucs absurdes et catégorique comme "faut pas que ça devienne un acte banale". Sinon effectivement tes propos te place dans le même sac que les " hommes cons, les médecins incapables et les pervers". Parce que avec ce type d arguments c'est leur moulin que tu nourris. Donc oui oui on est remontée.

Matthieu Bah j'ai du développer mais on fini par trouver terrain d'entente ;)

Lou La prochaine fois développe tout de suite, on gagnera du temps et de l'énergie....


Ceci est ce que j'appelle un/e con/ne : agressivité, manque de patience dans une discussion, prise de haut en insultant celui qui a été maladroit... Quelle preuve de pédagogie ! « Tu sais rien, t'es sexiste, casse-toi tu nous comprends pas, tu nous fatigues » Voici ce que signale cette situation de communication.



Rien de bien intéressant ensuite.

Un peu plus loin, il y a ça.

Matthieu Et encore complètement en accord avec cet article c'est pas [l'IVG] que je remet en question c'est comment ça se passe. L'accompagnement psychologique, le suivi médical social post IVG, la justice si c'est suite à un viol etc.. y'a plein de cas particulier

J'arrive vraiment pas à vous croire quand vous semblez dire qu'un ivg c'est rien de compliqué


Lou On ne te demande pas de nous croire, on te demande d'écouter avec humilité ce qu'on a dire parce que : on est concernée (soit parce qu'on a avorté soit parce qu'on avotera peut être un jour).

Écouter avec humilité, parce que, toi, tu l'as peut-être fait ? As-tu au moins fait autre chose que taxer de sexiste celui qui a été maladroit ? As-tu fait preuve « d'humilité » ? Non, tu es direct monté dans les tours, sans aucune retenue et en démarrant par un bon : « T'es un garçon, donc tu ne peux parler au nom d'aucun femme ». Autrement dit : « Tu es un mec, les femmes, tu comprendras jamais. »

Tu peux pas comprendre !



Ah, et la discussion tourne rond, alors on a ça :


Lou On atteint une limite de temps et d'énergie pour moi : je ne me confirais pas sur mon vécu pour convaincre un mec de la pertinence de ma lutte dans le cadre des droits des femmes (ici l'IVG) des récits y'en a plein le net, des arguements on a en présenté plein ici.


Grosse violence symbolique : tu me fatigues, tu n'es qu'un mec, moi j'ai une conviction pertinente, ma lutte vaut mieux que tes idées de sale mec, et je ne veux pas m'épuiser face à celui qui ne comprendra jamais rien.

On a un réel mépris vis-à-vis de cet homme. Le problème, pour moi, n'est pas qu'un homme se fasse basher sur le net, mais qu'un individu soit aussitôt insulté dès lors qu'il a commenté maladroitement. Autrement dit, on l'a direct catégorisé alors qu'il n'a rien fait sciemment. Et je parle bien d'individus !

De toute façon, je suis convaincu à 200% que si une fille avait tenu le même discours que cet homme, le groupe l'aurait étiquetée de « fille qui ne comprend rien aux enjeux actuels et reste totalement aveuglée par le patriarcat. »


Ce que je souligne ici est bel et bien la violence du débat, pas la question du genre !



D'ailleurs, on va avoir droit à ceci.

Julie je pense qu'il veut dire que sa ne doit pas etre un acte banal dans le sens ou " ah mince je suis peut etre enceinte au pire il y a l'ivg" je peux dire que quand tu te pointe a rdv pour l'ivg ils te demandent pourquoi c'est arriver, quelle contraception etc.. Apres si tu tombe enceinte par accident, la pillule et pas une contraception fiable a 100% encore moins le sterilet ce n'est pas pareil. l'ivg n'est pas un acte annodin pour le corps, meme si tu te dis " au pire j'aurais un enfant plus tard" ok c'est ton choix mais a savoir que certaines femmes qui ont subi une ivg ne pourront plus tomber enceinte. alors on pourrais dire aussi " ah mince j'ai un cancer du sein, pas grave je me fais faire une ablation du sein"

Excellent ! 

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Voici quelqu'un qui fait preuve de bon-sens et qui prend le temps de comprendre le discours de l'autre et qui, en plus, l'étaye en ajoutant une comparaison que je trouve bien amenée.

Caroleen Hahaha y a bien que les mecs pour se dire qu'on va à l'ivg tranquillou comme si personne n'allait nous emmerder avec ça.

Mais où vas-tu ? Personne n'a évoqué ça dans le dialogue. 
Extrapolation extrême, histoire de tacler tous les mecs au pif. 

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Quand je disais que, peu importe le sexe de l'opposition, elles seraient montées au créneau, ceci en est la preuve ! Lorsqu'une fille répond et tente d'expliquer le discours d'un homme, elles ramènent le sujet sur un discours généralisé du « mec de base ».


Suite du précédent commentaire : C'est peut-être parce qu'ils trouvent que leur discours moralisateur est très judicieux qu'ils comprennent pas qu'on s'en bouffe déjà assez en dehors de l'ivg pour courir y avoir recours.

On est pile poil dans un discours radicaliste, digne des partis politiques extrêmes : on construit l'image d'un ennemi commun – et ça, ne l'oubliez pas. Le mec, il fait la morale, sans arrêt et il saoule avec ça. De fait, on doit le démolir, car tous, sont distinction, sont nuisibles à la vie des femmes.

Suite : En attendant ils ont pas de méthode de contraception eux en dehors des capotes et combien j'en ai pas vu pleurnicher parce que "bouhouhou c'est moins agréable" et après on entend "les filles vous allez vous faire avorter parce que vous faîtes pas attention c'est pas bien vous êtes amorales".
On entend assez de conneries de la part
de bien des hommes (dit « tous les hommes », on sait que ça te démange !),
ça suffit les discours paternalistes. Qu'ils restent loin des uteri si ils sont si mal que ça!

Voilà ce qu'on a : un noyau dur de personnes à fond dans le féminisme. Ces personnes sont tellement tête dans le guidon qu'elles ne perçoivent qu'une haine globale : tous les hommes sont des connards qui ne comprendront jamais les problèmes des femmes. Peu importe ce qui sera dit, tout sera ramené au sexisme global, la phallocratie omniprésente et le quotidien insupportable des femmes dans notre monde.

Un gros mélange. 
Je précise toutefois que j'estime qu'il y a des inégalités et que ce n'est pas normal. La lutte pour l'égalité est une excellente chose, mais là, on est complètement en touche.

C'est pour quoi je mets mon grain de sel.

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Cyril : " À priori t es un garçon, donc tu ne peux parler au nom d'aucune femme. Elles le font très bien et n'ont pas besoin de toi."

Putain mais calme-toi, oh !

Ah mais c'est rageant de se faire rembarrer sous-prétexte de "t'es un mec, tu peux pas comprendre".
Merde, ça donne vraiment pas envie de soutenir une cause féministe !

Les mecs aussi peuvent défendre une cause féministe, et c'est pas en mode "ouais je le fais parce qu'elles toutes seules, elles peuvent pas"



Faut un peu tempérer son jugement : tous les hommes qui font du féminisme sont pas des opportunistes.Je sais que mon commentaire est assez virulent et que je réagis à chaud, mais c'est tout comme toi. (Retenez ceci, c'est important.)
Matthieu a juste exprimé quelque chose maladroitement, pas la peine de faire la chasse aux sorcières.


Lou Aucun, absolument aucun de tes propos ne soutiennent une cause féministe quelconque. Je refuse de me faire insulter par un type qui débarque de beau matin. Je refuse qu un mec me dise si mon combat est légitime et si ma manière de le mener lui convient. Matthieu a été maladroit il s est pris une colère légitime. Il a compris. Ton commentaire n est pas virulent il et insultant déplacé sexiste. Même conseil qu'à Matthieu va lire, documente toi. Léo Thier Vidal a des choses à t'apprendre.  

Afficher l'image d'origine 

On me dit que je ne suis pas féministe, on me prend de haut en affirmant que je devrais me « cultiver » puisque je suis un mec ignorant. « Il s'est pris une colère légitime. Il l'a compris » Ouais il a surtout compris que c'était stérile de débattre...



Cyril Wouah, t'es fatiguée toi !

J'ai jamais dit que je défendais de cause féministe, sérieux.

Puis, ouais, me faire dire que je suis insultant et sexiste.

Tu ne sais pas qui je suis ni ce que je fais.



Je suis prof, j'ai un élève qui fait preuve de harcèlement sur une élève, et je fais tout pour lui faire comprendre qu'un non, c'est un non, et qu'il n'a pas le pouvoir sur le corps de l'autre.

Mais, ouais, je suis sexiste.

Va lire mon commentaire plus bas, tu verras ce que je pense de l'IVG.

Je ne vais pas suivre les conseils d'une personne qui voit le mal partout.

Lady Tiens, y'à un mec (dans sa tête, ça a dû faire : « Intruder incoming, let's get it started ! ») qui va nous faire remplir un bingo.

#CalmeToi (l'accusation à l'hystérie est pas loin) (non, plutôt accusation au shitstorm)

#C'estRageantDeSeFaireRembarrer (au lieu de pleurer #MaleTears pose toi la question du Pourquoi) #Cadonnepasenviedesoutenirlacausefeministe (bah en même temps comme tu prouve que tu es pas profeministe, pas de stress alors)

Toi tu as le droit de réagir à chaud mais pas nous les femmes ?? Oo

(Euh... J'ai pas souvenir d'avoir dit ça !)

Suite : Pour l'instant la chasse aux sorcière elle se fait dans l'autre sens. D'où ce débat. Ouvre les yeux et sors de tes privilèges de pas être considéré comme une sorcière H24 

Digne de ce qu'a pu dire un certain vidéaste, le Raptor Dissident. Je ne suis pas d'accord avec la forme de son discours, ni de l'ensemble de ce qu'il dit. Mais ce qu'il affirme sur la fermeture du dialogue est juste : si t'es un mec blanc, tu es un privilégié, tu ne peux rien dire.

Suite : Ou "bienvenue dans notre monde" si tu n'y tiens pas 5 min alors pourquoi nous qui y vivons depuis des années, n'aurions nous pas le droit de "ne pas être calme"? Réfléchis donc à ça

Et nous te parlons par rapport à ce que tu nous écris et prouve ici. Pas la peine de dire qu'on doit se calmer ou qu'on est fatiguées. Les ordres, ça va??

Et ton métier n'a pourtant pas changé tes propos ni fait de toi un pédagogue. (Tu me connais pour dire que ça a changé mes propos?) Peut-être qu'il faut changer de métier... 

 

Cyril : Pourquoi les mecs pourraient réagir à chaud et pas les filles ?

J'ai réagi à chaud car vous avez réagi à chaud !

Ca vous fait pas plaisir ? Mais ça fait plaisir à personne ! J'ai absolument pas dit qu'en tant que femmes vous étiez interdites de quoi que ce soit. Je parle ici de nétiquette ! Vous confondez beaucoup, beaucoup de choses.



Ah mais vous me donnez des ordres aussi : va lire et te documenter.

Je réagis à la hauteur de ce que vous envoyez à la gueule avec vos commentaires.



Cyril "Et ton métier n'a pourtant pas changé tes propos ni fait de toi un pédagogue. Peut-être qu'il faut changer de métier..."
Aaaah belle ! Très belle. Tu me juges sans me connaître, bravo, vraiment bravo !
Femme ou pas, l'inconnu qui me balance ça sur le net, je le trouve pas crédible pour un sou

Lady Ce n'est pas ce que tu as dit pour ta réaction à chaud. On retourne sa veste? (Mais de quoi tu parles?)
Bah oui, c'est nous qui confondons. Lol

Tenir un argumentaire cohérent...



Cyril Je l'ai dit : j'ai réagi à chaud au commentaire de Lou car, de base, elle a été hyper virulente auprès de Matthieu, et qu'on pouvait très bien lui expliquer qu'il avait été maladroit sans lui sauter au cou.



"Je sais que mon commentaire est assez virulent et que je réagis à chaud, mais c'est tout comme toi." -> Tout, comme, toi. C'est marqué.



Et j'ajoute ici le premier commentaire que j'avais mis concernant la question de l'IVG : "Ce débat sera long, car la question est complexe et d'ordre existentielle.

Peut-on considérer le foetus comme un être humain ?

Qu'est-ce qu'un être humain ?

Que peut-on considérer comme étant "vivant" ?


Puisque l'IVG soulève ces questions, ça prendra énormément de temps à être fixé - voire, ça ne le sera jamais. Car chaque culture majeure aura un avis différent sur la question du vivant et, quand bien même la science peut donner une définition assez précise du vivant (ce qui naît, croit d'abord sans autonomie puis en autonomie et meurt), ça remet beaucoup de choses en perspective.

L'IVG est-elle un meurtre ?


Mon avis sur la question est tranché : je préfère une IVG plutôt qu'un accouchement dans la douleur et une éducation dans la peine. Si la mère ne se sent pas, pour diverses raisons, amener cet enfant au monde, il sera extrêmement difficile pour elle de complètement aimer cet enfant ensuite. Le choix lui revient, puisque c'est elle qui porte l'enfant. Une grossesse reste un parasitage du corps. On ne le dit pas assez, ça laisse des traces aussi bien physiques que physiologiques.

Comme la grossesse, l'IVG devrait être suivi et encadré, histoire de ne laisser personne seul. La solitude est pire que tout, à mon sens.


Mais il y aura toujours quelqu'un pour rétorquer : "Bien de tuer un être vivant ?"
Et qui ne cherchera pas à comprendre qu'un enfant qui naît dans le malheur aura énormément de mal à avoir une vie "normale".



Tout ça pour dire : j'ai peur que ce soit un débat sans fin."


Je l'ai dit : je défends l'idée que chacun a le droit sur son corps, et je défends ça dans mon boulot.

J'insiste : ça vous plaît pas quand on vous gueule dessus, pas la peine de gueuler sur les autres.

Lou  Merci Lady mais là je crois que vraiment ça vaut pas le coup.

PLS intersidérale de leur côté : comme le débat ne va pas en leur faveur et que je signale les fragilités de l'argumentaire, on a droit à une mise en retrait de l'élément perturbateur.

 
 Cet élément est crucial, car il est à relier avec un autre qui les fait passer pour des gamins.

Cyril T'as raison : ça ne vaut pas le coup.

Vous vous insurgez contre quelqu'un qui met en avant le fait que chaque individu doit prendre ses décisions et que personne ne peut le faire à sa place.



Cyril Et je termine avec un texte, autour de ces questions du "t'es un homme, tu peux pas comprendre"
(Texte "Le Poème du maïeuticien" disponible en fin de mon article de discussion sur le sexisme.)

Lady Tu as raison, Lou, mais comme il a fini on va pouvoir parler enfin. (Ridicule... Comme si je leur avais empêché de parler tranquillement.)

Lou ça faisait longtemps que je n avais plus eu ce genre de discussions sur FB. Maintenant je me souviens bien pourquoi.

Un nouveau protagoniste arrive.

Caroleen Un jour j'ai défendu une fille d'un garçon alors vous voyez bien que je suis féministe. :D
Dur d'être un homme, j'aimerais pas vivre leur oppression genrée de quand ils n'ont pas systématiquement raison parce que c'est chaud. 

 

Ok, tu essaies de me faire passer pour celui qui se fait passer pour un héros. Chose que je n'ai pas faite, car j'ai utilisé mon expérience pour signaler qu'elles n'avaient aucune idée de qui je suis ni de quel combat je pouvais mener concrètement dans mon quotidien (le mot "concret" est important, car c'est une réelle action sociale menée tous les jours) – je ne suis pas venu avec ça en mode « regardez-moi, je suis comme vous ».


Cyril "J'ai jamais dit que je défendais de cause féministe, sérieux"

Et puis, j'aime ton ironie :

  • si j'avais laissé faire, j'aurais été un connard
  • - je réagis jour après jour, dans le cadre de l'enseignement, je suis un connard

    Grandiose

Caroleen Je m'en fiche que tu laisse faire ou non. Y a bien des profs qui laissent faire alors c'est toi qui vois ce que tu veux faire dans ta classe.
Le reste de ton message j'ai pas compris... Ça ne m'a même pas l'air d'avoir de rapport avec la rapport avec la choucroute.

Bien sûr, tu dis que tu t'en fiches. 
Mais c'est faux. 
J'aurais voulu lui répondre que, non, elle ne s'en moque pas. Car dès qu'il est question qu'une personne fait preuve de laxisme vis-à-vis de la prévention du harcèlement, elle aurait été la première à s'insurger en disant : « Mais pourquoi ils n'ont rien fait ?! »




Mauvaise foi, comme pour conclure au mieux ce débat rempli de bullshits.

Cyril Ca a un rapport. Tu te fous de ma gueule parce que, soit disant, j'aurais défendu qu'une fois une fille d'un garçon et que j'utiliserais ça pour me faire passer pour un féministe actif.

Sauf que je n'ai jamais fait ça.


Ton commentaire avait pour but de me décrédibiliser mais ne tient pas la route un seul instant. Parce que tu me donnes des intentions que je n'avais pas.


De toute manière, j'ai bien compris le jeu : on ne prend que des éléments qu'on sort du contexte, on ne lit pas tout, on prend des raccourcis et on crie au sexiste ou je ne sais quoi.
Magnifique offensive rondement menée, basée sur des inepties et des œillères grosses comme pas permis.

Je terminerai sur ça : on ne peut décemment entamer un débat lorsqu'on commence par "de toute façon, tu ne peux pas nous comprendre". Parce que, ça, c'est un discours d'ado, et vous êtes des adultes. (je précise, sinon on me dira que vous n'avez jamais dit ça... Mais dire : "Tu es un mec tu ne peux pas parler au nom des femmes" revient à dire "Tu es un mec, la question des femmes ne te regarde pas, tu ne pourras jamais complètement la comprendre, car tu es un mec").
Justement, si "on ne peut pas vous comprendre", alors ne lancez pas de discussion. Peu importe vos arguments, on ne pourra pas vous comprendre, parce qu'on est du mauvais côté du genre.
La diabolisation généralisée ne tient pas debout à la base, mais quand on démarre comme un gosse de treize ans, on ne peut pas s'attendre à un débat constructif.


Je vous ai fait chier : tant mieux.

J'ai voulu rentrer dans le lard, j'ai utilisé les mêmes options que vous avez utilisées contre Matthieu.
Ca vous fait rager ? Excellent : faîtes preuve de nétiquette, ne sautez pas direct à la jugulaire des autres.


Taxez-moi de réac', de traditionaliste, de sexiste, je m'en tamponne. Mais faîtes au moins preuve de savoir-vivre. Avoir des idéaux, c'est très bien. Faire preuve de vivre ensemble, c'est mieux.

Allez, énervez-vous suite à ça si ça vous chante, excluez-moi comme des gamins en mode "ah il dit n'importe quoi mais heureusement nous on est dans le vrai." Encore une fois : avec un comportement comme celui-ci, rien n'avancera. La solution n'est pas d'écraser "le sexe fort" (et je déteste cette expression, car il ne devrait pas y avoir de rapport de force entre les genres), mais de parvenir à une égalité apaisée.


PS : Julie a tout compris : elle a tenté de comprendre le point de vue de Matthieu afin de bien décortiquer ce qu'il y avait à voir, au lieu de prendre des raccourcis. Ca, c'est faire preuve de nétiquette.


On a eu du nouveau.



Lady Hum... c'est marrant, ça fait 2 fois qu'il termine... lol
A quand la conclusion de la conclusion de la conclusion.
En vrai : de toute façon, tu ne peux pas nous comprendre petit ado. Sais-tu quelle est la douleur qu'on a tous les mois? Tu vois tu peux pas comprendre sans l'avoir ressenti.
Peut-être que tu n'es pas le destinataire de nos discussion (indice : piste de réflexion pour toi l'ado)
Tu ne sais pas ce que c'est que rentrer dans le lard. Nous on l'éprouve tous les mois, en vrai.
#Scoop
Et puis tu nous énerve pas mon chaton, tu es trop pathétique pour ça. L'égalité apaisée, on est pas rendu avec des gens comme toi. Et je suis gentille avec toi pour te materner, t'as vu? Tu es content-content ue l'on te protège? Tu es pas le 1er à dire de la merde comme ça, et tu sera pas le dernier. Alors, Next.

Tu es sexiste, c'est pas te taxer, mais énoncer un fait.

Si maintenant tu pouvais rester digne, te calmer, et nous laisser respirer et vivre, ça serait respectueux, merci. Ah et éviter de distribuer des bons points pour établir un concurrence pour diviser pour mieux régner c'est de la manipulation qu'on a déjà vu 100 fois.
Ta contribution utile serait de ne jamais oublier ton préservatif.


Puis elle a ajouté le Bingo sur le féminisme... Sauf que sur toutes les cases, il doit y avoir un ou deux points à la limite que j'ai soulevés. La victimisation s'est faite d'elle-même quand elles disent : « Tu peux pas comprendre notre douleur tous les mois. »

Je dois ajouter qu'après tout, une autre a dit "Ah n'étiquette un mot que j'ai pas entendu depuis mes cours de techno" qui est une réaction de gamin sensée me décrédibiliser sous forme de "oh lol quel mot de merde !" et pourtant essentiel. Et ça ajoute qu'elles s'occupent à remplir cette grille : qu'elles le fassent, si ça les amuse ! Je n'ai pas répondu, ce serait leur donner raison.

Du coup, ma réponse est calme.

Cyril Analysons simplement, et sans colère.


Tu joues sur les mots en voulant me ridiculiser : "conclusion de la conclusion". Oui, j'avais dit que j'avais terminé. Sauf qu'un élément s'ajoute, je devais modifier mon propos. Normal, pour être total sur ce que j'avais à dire.

Ta réaction ? Tu sors de ton mutisme sous le mode du "je vais le sortir de la situation de communication en ne m'adressant qu'à ma comparse et en l'excluant de celle-ci" pour revenir me parler.

Toi, également, tu sors de ta conclusion énonciative pour revenir communiquer. Même situation.


Retourner l'attaque, appuyée par des arguments de communication, envers l'opposition, cette fois sans aucun argument. J'ai dit que vous étiez des ados car vous partiez du postulat du "vous pouvez pas comprendre". En quoi, moi, serais-je un ado ? Selon toi, car je ne connais pas une douleur qui n'est pas dans ma physiologie. Ok, soyons clair :

  • je vous critique quelque chose dont VOUS êtes responsable, à savoir votre discours

  • tu me critiques quelque chose que je n'ai pas choisi, à savoir mon genre et comme quoi je ne connaîtrai jamais la douleur des règles

Tu fais ensuite de la victimisation personnelle pour combler ce manque d'argument, toujours en mettant un élément dont je ne suis pas responsable : je n'éprouve pas votre douleur, et ne l'éprouverai jamais, contrairement à toi qui la subis.

Encore une fois, tu me critiques quelque chose dont je ne suis nullement responsable.



Tu me dis que je suis contre l'égalité apaisée, que mon discours incite à la haine. Je rappelle que tu es venue dans un discours en admettant que Matthieu sortait des âneries sexistes. En revanche, je suis venu dans la discussion en utilisant le même canal de communication utilisé plus haut : insulte, réaction à chaud, renverser les arguments.

Tu termines par l'insulte : "tu es sexiste". Tu tentes de montrer que je serai hystérique, ou tout du moins "rageux", alors que l'ensemble de ton commentaire témoigne d'un profond mépris envers une personne que tu ne connais pas et sur laquelle tu imposes une injustice dont il n'est pas responsable.



Ceci étant dit, je vais ajouter des éléments subjectifs.

Le fait de rire d'une incohérence type "oh lol, t'as dit que c'était fini mais tu continues", encore une fois, c'est une réaction puérile.

Retourner une insulte, c'est un "j'te l'renvoie" argumentaire extrêmement pauvre.

Tu termines avec une pseudo-claque sensée me mettre en PLS, mais pour quoi ? Pour me dire ce que je dois faire ? N'est-ce pas ce que tu dénonces ?



Je n'ai même pas à te remercier pour donner en si peu de mots toutes les justifications de pourquoi vous prenez le débat par le mauvais sens.



Je pourrais terminer de manière aussi enfantine que toi, en faisant un : "Tu veux du sexisme ? Allez j'te balance ça" mais ce serait inutile.

Je n'ajouterai aucun sarcasme ni provocation. Tu m'as sorti "ado", j'ai décortiqué et analysé simplement, en prenant du recul.

Je pense que ça suffira.


Et on termine sur ça :

Lady Continue, ce n'est pas assez précis pour moi. C'est trop vague. 

Cette personne quand elle a tenté son ultime provoc'...
 
De la provocation de bas-étage alors que j'ai dit que "ça suffira", le but étant de me faire répondre pour encore une fois dire : "Mais t'as pas fini, lolilol ?"

Que retenir de ça ? Que l'activisme des Social Justice Warriors peut aller trop loin, quitte à tirer à vue dès qu'il y a un minimum de discussion. C'est digne de ce que le Raptor Dissident a montré avec cette nana qui insulte sans arrêt le chauffeur qui la conduit chez elle. Tout est prétexte à lui donner tort, à dire que c'est un connard fini.
Débat stérile face à des personnes qui argumentent comme des adolescents qui ne voient pas loin, en restant égocentré et sans chercher à comprendre que la solution n'est pas le renversement de la domination, mais la voie vers un pacifisme égalitaire (ou égalité apaisée).
On se retrouve face à un argumentaire basé sur le trashtalk (parler mal, insulter "pour rigoler"), des brimades qui s'accompagneraient de "nananère" telles que "ah mais ce mot est tellement naze" et la provocation afin d'humilier, comme on l'a vu avec "à quand la conclusion de la conclusion de la conclusion".
C'est pourquoi je parle d'égocentrisme. C'est toujours voir la paille dans l'oeil du voisin. C'est s'arrêter aux mots sans voir les idées réelles. C'est se cantonner à "soi" au lieu de voir au-delà.
Ces personnes répondent à la violence par la violence. Mais ajouter du feu sur une fournaise, ça ne fait que tout ravager. Et tout est bon pour alimenter ce brasier : raccourcis de pensées, inepties, sortir les choses de leur contexte, sélectionner les éléments et virer le reste. Tout réutiliser pour attiser la haine autour d'un ennemi commun.
On est là dans des pratiques idéologiques dignes des partis politiques radicaux (une simple analyse des discours politiques le montre, comme la vidéo de Linguisticae avec Usul ci-dessous). Que ce soit le FN en France ou la campagne de Trump aux USA, tout est régi autour de cet ennemi : le migrant en politique, le mâle dans ce débat. Selon eux, cet ennemi est la cause de tous les problèmes :
  • en politique, les migrants ponctionnent les aides sociales, nuisent à la sécurité de l'Etat et empêchent les « natifs » de vivre convenablement
  • dans ce débat, les mecs sont tous des phallocrates, défendent une vision passéiste de la femme qui aurait besoin de l'accord de l'homme pour tout faire et qui serait le seul à pouvoir prendre des décisions sur tout et tout diriger
Une fois ce cadre posé, on impose un système de pensée simple et efficace : ils sont tous mauvais, preuve à l'appui. La demi-mesure n'existe pas et ne doit pas exister, et la particularité doit devenir généralité.

Un tel débat m'inquiète, et me fait me poser des questions : participe-t-on, à l'heure d'Internet où tout se fait dans l'instantané, à la montée de tous les extrêmes ? Avec Trump à la présidence américaine, aura-t-on le FN au pouvoir en France ? Les SJW imposeront-ils une lutte à blanc sur leurs fronts idéologiques ?
Aura-t-on une explosion de tous ces conflits de pensées vers une guerre ouverte ?

Les identités s'affirment, se nourrissent et se gonflent. Les idéologies se préparent, mais à quoi ?
Réponse dans quelque temps.


Je précise une dernière fois : je ne partage pas l'intégralité du contenu du Raptor Dissident. Je m'en suis surtout servi pour illustrer le cas des SJW et de leurs dérives, ainsi que l'impasse de leur argumentaire. La forme de son propos ne regarde que lui.
Source des images : knowyourmeme, tumblr, pinterest.

mardi 14 juin 2016

Concours de l'association "Plume Z'en Liberté" - Prix de poésie

Soyons tranquilles, c'est l'été...

Bonjour à tous !

Je sors de mon mutisme du net... Je ne sais pas, c'est comme si quelque chose dans l'air me faisait pressentir que je devais publier un article...

Je vous annonce que j'ai remporté un prix de poésie !

C'est une victoire tout à fait inespérée : je ne m'attendais pas à parvenir enfin à cet objectif que je croyais inaccessible. J'ai été agréablement surpris de voir tout cet enthousiasme autour de mon travail, lors d'une soirée de remise des prix très sympathique !
Je remercie ainsi l'association "Plume Z'en Liberté" pour cette récompense que je reçois avec honneur, mais aussi pour leur travail rigoureux. Cela fait plaisir d'avoir une telle association dans le Var.

Cet article est l'occasion pour moi d'accueillir les personnes qui souhaitent lire ce recueil.

Le recueil de poèmes qui a été primé, "Sublimation", est une collection de textes écrits entre 2009 et 2015. La variété y est de mise, j'ai souhaité partager une vision globale et ouverte sur la vie de couple, sur les doutes qu'on peut rencontrer ainsi que les bonheurs intenses que l'on ressent. 
Le titre a un rapport avec la physique, car "sublimation" signifie le passage de l'état solide à l'état gazeux. C'est le passage qui opère au fil des poèmes : on commence par la thématique de la glace pour, peu à peu, retrouver le feu et l'eau, jusqu'à atteindre l'éthéré en évoquant la mort.

Pour trouver ce recueil, il vous suffit de cliquer sur le lien juste en dessous, et de sélectionner le dossier "Recueil - Sublimation", vous y trouverez le texte aux formats PDF et doc.
Vous pourrez aussi vous procurer d'autres textes gratuits. N'hésitez pas également à parcourir le blog, fourni en articles divers, que vous pouvez découvrir via le sommaire
J'ai également produit des articles thématiques tels que :
- le guide du Metal pour les non-initiés : un moyen de découvrir cette musique par différents biais, n'ayez pas peur, j'ai fait attention à ce que le voyage se fasse sans heurt !
- le guide du Speedrun et du TAS : ou la découverte du jeu vidéo sous d'autres pratiques
- Hypocrisie et démagogie : un plaidoyer contre les tactiques insidieuses de certains créateurs pour joueur les caméléons
- Tonton Death Metal : un ensemble d'articles sur la société, la culture ...


Après cet accueil, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente lecture. N'hésitez pas à repasser : Berserker sera bientôt disponible au format papier, je vous partagerai le lien.

Et on glisse Death, car le texte "Flesh and the Power it holds"' présent dans "Sublimation" est inspiré de ce morceau. 

vendredi 8 avril 2016

Critique d'album : "Barton's Odyssey" de Atlantis Chronicles


2016 est une année particulière dans la scène Metal. Elle a vu sortir le dernier Obscura avec un "Akroasis" plutôt reposant et rafraîchissant, et verra venir le dernier Vektor dans une musique cosmique énergique aux envolées qui semblent, pour ce qu'on peut entendre, très prometteuses.

C'est donc une année qui se situe sous la poésie, avec une technique mesurée et réfléchie selon des concepts précis.
L'album que je vais vous présenter entre en plein dans cette tendance de vouloir proposer du Metal de haute volée, avec un degré accru de conscience artistique. Puisque l'art contemporain se défend avec des concepts, les musiciens extrêmes prennent le taureau par les cornes, comme pour dire : "Notre musique, avec ses règles, est de l'art !"

Alors plongeons ensemble dans l'univers d'Atlantis Chronicles.

Achète-ici !
L'oeuvre :

Avec un nom de groupe aussi équivoque, on ne peut pas se tromper : ces parisiens aiment l'eau. Leur thème de prédilection est l'océan, puisqu'ils s'inspirent de références scientifiques (les recherches et travaux de William Beebe et d'Otis Barton) ou littéraires (Verne, Lovecraft).
Un tel album qui invite à une plongée sous-marine se doit de réussir son plongeon. Et, quand on ouvre l'album, on a un livret au visuel "carnet de recherches" qui ouvre sur un prologue.

Des millénaires avant l'âge des Atlantes, au milieu du XXème siècle après J.C., une étincelle naquit dans les tréfonds d'un inhabituel tumulte abyssal.
Guidé par la voix royal d'Atlas, un homme fut le témoin de la fin d'un cycle, et le messager d'une nouvelle ère.
Tandis que les vagues scélérates fracassaient le sable et dévoraient les plaines, à mesure qu'un bleu profond gommait toute autre couleur de la surface du globe, dessinant un monde sans terre, la résurgence d'une île oubliée incarna la promesse d'une époque salvatrice.
Barton est donc le personnage qui découvre ce dieu Atlas. Nous sommes dans une histoire qui s'inspire d'une figure de la recherche sous-marine du XXème siècle, qui a vécu durant des périodes difficiles. L'océan, dans le titre d'ouverture, apparaît comme un lieu de fuite. Nous plongeons avec les notes qui suivent, légères, tout en étant emporté par la lourdeur massive de la batterie. L'instrumentation mime le fait que l'eau nous submerge, et nous étouffe.
La musique se lance, implacable.

On passe alors par différentes étapes :
- "Otis Barton" reste dans un standard Metalcore, avec des paroles à propos de l'humanité et des règles qu'elle impose sur l'individu qui, lui, souhaite se libérer et trouver sa voie. Puisque Barton a connu la guerre, et qu'il est question d'avidité de l'homme, on a cette envie de fuir un système. Suite au premier morceau qui prépare la présence de l'océan, on a ici un titre qui est lourd, dans la veine Core, avec des mélodies qui évoquent les flots vers lesquels s'ouvrent la libération.
Le suivant, "Back to Hadatopia", joue dans la même gamme, et complète en ajoutant des paroles fortes : "Suffering and beauty were meant to be the opposite sides of the same coin" (La souffrance et la beauté semblent être les deux faces d'une même pièce) ou "Remember, Our pact with nature was raped" (Souviens-toi, notre pacte avec la nature a été violé) signalent cette violence globale. Face à tout ce bruit, il y a le cœur marin qui contient le silence.

La Grande Vague de Kanagawa, par Hokusai (source)
- "Within the Massive Stream", illustré par la vague de Hokusai dans le livret, fait entrer le personnage de l'océan, avec une introduction atmosphérique, puis une reprise massive avec batterie et voix en plus de l'instrumentation en intro. L'océan, déchaîné et agressif, s'oppose à l'homme qui pense avoir toujours su, mais qui n'est rien face à la nature implacable :

"Shed your pride, tame yourself, Egos must lie down lower" (Laisse ta fierté, laisse-toi faire (tame signifie "domestiquer", dans le sens, ici, "avoir confiance en la nature qui dirige). Ton égo doit demeurer dans les abysses).
Face à ce changement de paradigme, la musique se charge d'une guitare soliste qui donne du volume et, mis en avant à côté de la lourdeur générale, vient piocher aux tripes.
"Upwelling" dynamise le tout : intro avec un scream ahurissant, instrumentation débridée d'inspiration Djent qui va ensuite vers un moment calme. En deux parties, ce titre tend à détruire pour guider ensuite.
"We thought we were wide awake, sane ! We slept in chaos [...] Now smash through your walls !" (Nous pensions que nous étions éveillés et sains. Nous dormions dans le chaos [...] Maintenant, défonce tes propres barrières !) sont des termes qui, dans la première partie, terminent de signaler l'erreur d'un manque de tendresse et d'émotion. En transition vers la deuxième partie, l'instrumentation s'apaise, conduit à un chant bas, reprend de manière électrique, mais moins appuyée. L'Atlantide a enfin émergé, pour démarrer un nouveau cycle.
L'océan a ainsi pour rôle de ramener l'homme à sa fragilité, signalée en fin de "Upwelling part II" par un silence progressif et pesant.



- Dans "Flight on the Manta", Atlas est cité, comme divinité qui a voulu clore cette ère de négligence de l'homme. Ce titre, en plus d'être absolument saisissant dès sa chute au départ qui signale parfaitement l'apocalypse des flots qui recouvrent le monde, est riche esthétiquement. La "Raie Manta", créature qui semble voler avec ses nageoires en forme d'aile, domine cette planète engloutie et apparaît comme vecteur entre les abysses et le cosmos car il n'y a plus de bornes dans ce monde. Chevaucher cette créature, c'est revenir à une forme de confiance envers ce qu'on a fui, avec une distinction très forte dans les paroles.

"Mankind conquered the highest mountains (L'humanité a conquis les plus hautes montagnes)
And remained seated in the mist of learning (Et a demeuré, ainsi, dans les brumes du savoir)
All while wisdom lay, darkened by clouds, on the ground." (Alors que la sagesse a été laissée au sol, assombrie par les nuages)
Conquérir les montagnes, cela signifie s'éloigner au maximum de l'océan, donc prendre encore plus de distance avec sa simplicité d'émotions, cette sagesse initiale abandonnée. La raie, comme un symbole du lien à notre sensibilité, en opposition à la complexité du savoir accumulé, unifie ces montagnes désormais ensevelies. La musique termine sur un silence progressif, une nouvelle fois.

- Les trois derniers morceaux signalent la suprématie océanique. Atlas y est décrit telle une toute puissance. Puisque c'est un dieu antique et oublié, il évoque cet oubli de la sensibilité que l'on perd au profit de l'intelligence. L'instrumentation se fait plus poétique, plus variée, notamment dans "50°S 100°W" avec des nappes mélodiques aquatiques et une impression globale plus aérienne et moins lourde, en rapport avec un bruit qui a été entendu ici et non-identifié en ce lieu proche du repaire de Cthulhu dans l'oeuvre de Lovecraft. C'est un nouveau départ, pour un nouveau cycle, entre tempêtes et moments de grâce.



Cet océan est globalement massif. La légèreté ne se fait sentir que par quelques moments musicaux suspendus par une batterie moins présente, une voix claire ou absente, et des glissements de frettes pour donner un son étouffé. C'est une aventure, une quête, avec son lot de péripéties. Le terme "odyssée" n'a pas été choisi pour rien, et fait, en plus du terme "Atlantis" et de l'imagerie d'une citée engloutie, rappel de plusieurs éléments mythologiques.
On est en face d'une épopée qui nous fait voyager, graviter autour de l'astre océanique. Ce lien avec la gravitation et le thème spatial n'est pas si étrange que ça, puisque la solitude parfois exposée, ou l'inquiétude et la monstruosité qui ressortent de certains morceaux, évoquent des thématiques liées à des films comme Alien : l'homme seul face à un environnement qu'il ne pourra jamais maîtriser.
On pourra ainsi relier cet album à cette magnifique vidéo, Ocean Gravity.



La technique :

On l'a un peu approché durant la critique de l'oeuvre, mais l'album puise dans plusieurs inspirations, surtout dans le Death metal mélodique, le Metalcore, le Djent et le Metal technique.

On va, bien entendu, y voir un lien évident avec Gojira : certes, ils sont tous les deux français, mais, surtout, il ont ce souhait de travailler autour de concepts.

Le "Flight of the Manta" évoque forcément "Flying Whales" dans le titre, avec des vols de créatures sous-marines. Par ailleurs, le thème de l'océan, couplé à une vision plus universelle de la condition de l'homme prisonnier d'un corps perdu dans l'espace, fonctionne avec l'album "From Mars to Sirius" et, notamment, le titre "Ocean Planet".



Par ailleurs, Gojira utilise les codes du Death metal pour symboliser quelque chose de puissant mais, aussi, d'émouvant. Les riffs de "Where Dragons Dwell" portent une mélancolie qui racle. On retrouve tout à fait ce principe dans Atlantis Chronicles, mais avec une plus grande gamme musicale. Ils ne se contentent pas de faire du Death progressif à forte teneur atmosphérique, ils piochent aussi dans la gamme Djent (rythmique très rapide et saccadée (Upwelling Part 1)) et, surtout, Metalcore avec un chant sans concession et incisif et un côté très griffant dans le son, qui écorche, comme on peut l'avoir dans Five Pointe O ou dans The Agonist ci-dessous, le tout porté par la touche "paroxysme" du Death metal, avec son côté lourd, saturé et vif.



Pour faire simple, nous avons du Deathcore mélodique et progressif. Puissant, intransigeant mais réfléchi et riche en émotions. En soi, ces qualificatifs pour le genre, ça ne signifie pas grand chose. Sauf, qu'en réalité, ils sont parvenus à piocher ce qui se faisait de mieux dans la scène Metal.

Ils empruntent au Technical Death Metal d'Obscura (ci-dessous) ou de Beyond Creation l'extrême beauté et leur hargne poétique, utilisent l'aspect Punk débridé et sans ménagement du Metalcore et structurent le tout avec la progression bien pensée qu'on peut avoir chez Gojira, Death ou Opeth. On peut aussi voir un lien avec l'album "Explore" de Krimh, non seulement par l'inspiration Djent commune aux deux albums, mais aussi par le thème sous-marin.



Enfin, en terme de technique, le travail d'Atlantis Chronicles s'apparente à la démarche de Vektor. Si ce dernier officie dans la thématique du "spatial sci-fi", ils ont tous deux en commun l'esthétique de la solitude et la fragilité de l'homme au sein d'un univers (au sens large) hostile et inconnu. L'instrumentation chez ces deux groupes est entièrement pensée pour être vectrice d'émotions fortes et vibrantes.


Vous pourrez prolonger la découverte de cet univers avec cette interview qui commence à 26 min 30 : https://www.mixcloud.com/lacoleredupeuple/la-colere-du-peuple-radio-show-2016-04-07/

Vous l'aurez compris, cet album est sincèrement une claque. C'est aussi un produit qui se hisse sans problème dans les grosses productions de 2016 à ne pas louper - pour peu que l'on soit sensible à ce Metal peu accueillant, car assez hargneux et complexe à l'écoute. Pour faire une autre comparaison avec quelque chose qui semble n'avoir rien en commun, je rapproche ce disque au jeu Dark Souls. A première vue, cela apparaît aride, pas du tout bienveillant envers ceux qui plongent dedans. Seulement, à force de pénétrer dans cette ambiance, à force d'effort et de compréhension, on découvre de nouvelles facettes. Tout comme le monde de Dark Souls, ce "Barton's Odyssey" a beaucoup à transmettre.



Par contre, en ce qui me concerne, cet article signale la fin de ce que j'ai à vous transmettre.
En effet, suite à plusieurs questions et réflexions, j'ai pris la décision de me couper d'Internet et du milieu de l'édition. J'abandonne, mais sans être vaincu.
En d'autres termes, j'arrête l'entreprise d'écriture avec un grand "E". Je ne cherche plus d'éditeur - le circuit est plus que verrouillé, et ça me fatigue. Je cesse aussi l'activité en indépendant sur Internet - cela me demande beaucoup de temps et d'investissement personnel car Internet et le texte, ça ne fait pas bon ménage, et ça m'épuise de devoir trouver des astuces pour renouveler le blog ou mon contenu littéraire.
Je ne veux pas me forcer à faire des choses qui ne me plaisent pas. Alors, avant d'être définitivement dégoûté de l'écriture, j'arrête de me faire violence, j'arrête de m'infliger la souffrance de refus à répétition. J'arrête aussi de vouloir monter des articles béton pour attaquer les stéréotypes alors que ceux-ci continuent d'être diffusés partout sans que rien ne change. J'arrête de vouloir, seul, brailler plus fort que le bruit de la masse et je prends le temps de faire les choses de mon côté, d'agir en fonction de ce en quoi je crois, tranquillement et modestement.
Je laisse le blog ouvert, car je suis content de ce que j'ai fait. Mais j'en ai marre de me battre à armes inégales via une interface où tout est pipé - comme partout malheureusement.

Alors, pour clore tout ça, j'ai voulu publier cet ultime article qui montre qu'Internet reste quelque chose à défendre. Même si les média traditionnels se sont appropriés cet outil, même si, comme on l'a vu avec Mathieu Sommet, les risques restent réels, il y a toujours des personnes qui se défoncent pour faire du bon boulot.
A ceux-là, je leur laisse cette bataille pour la défense d'une culture ouverte et bienveillante. Pour ma part, j'en ai assez.

Je tiens à remercier chaleureusement tous ceux qui ont commenté, visité, lu, partagé etc. Je remercie également ceux qui passeront par-là.
Ce blog, c'est prêt de 20 000 pages lues, la publication de trois recueils, de plusieurs textes et de Berserker. C'est la volonté de défendre ce qui m'est cher, c'est la trace que je souhaitais laisser pour présenter au mieux possible ce qui pouvait ne pas être bien compris, là où règnent tellement  de discours...
C'était un idéal, que je laisse derrière moi, mais que je continuerai de défendre, à mon échelle.

Restez curieux et ouverts d'esprit, ne restez pas sur une seule vérité. Souvenez-vous : "La vérité n'a pas de nom."

Bonne journée à tous !